Compte Personnel D’Activité: un point de départ?


Formation professionnelleLe compte personnel d’activité (CPA) mis en place en janvier 2017 prétend être le nouvel outil de formation universel couvrant salariés, demandeurs d’emploi, artisans et fonctionnaires dès 2018. Les principes d’universalité et de portabilité des droits sont posés mais les avancées concrètes restent insuffisantes.

Mieux « construire son parcours professionnel » ; poser les bases d’un « droit universel à la formation » ; « préfigurer la protection sociale de demain ». Sur le papier, les ambitions du tout nouveau compte personnel d’activité (CPA), sorte de nouvelle version du compte personnel de formation (CPF) en place depuis janvier 2017, sont fortes.

D’autant que le bilan du CPF reste en demi-teinte. Un peu plus de 700 000 formations ont été financées en tout ou partie par des heures CPF et 3,613 millions de comptes ont été activés sur le site moncompteformation.gouv.fr entre 2015 et 2016. Mais « ces chiffres restent faibles au regard des moyens déployés, de la propagande du gouvernement et des signataires de l’accord national interprofessionnel du 14 décembre 2013 », détaille Catherine Perret, secrétaire confédérale de la CGT.

Pour autant, le CPA n’est pas à écarter d’un revers de main. Il acte le principe de portabilité des droits cher au syndicat. Et certaines mesures comme celles de l’extension du dispositif aux travailleurs indépendants et des fonctionnaires prévue dès janvier 2018 ou le renforcement des droits pour ceux qui en ont le plus besoin, intéressent. Comment rejeter le principe d’universalité ou celui de mesures correctrices pour les parcours sinueux ou les moins qualifiés ? Pourtant, selon Catherine Perret, secrétaire confédérale à la CGT, les mécanismes de mutualisation et de solidarité du CPA restent trop marginaux au regard des besoins qui ne cessent de croître dans un marché de l’emploi atone et encore voué à davantage d’instabilité avec la libéralisation prévue par la loi « travail ».

 

De leur côté, les comptes personnels de « protection pénibilité » et « d’engagement citoyen » demeurent pour l’instant des coquilles vides.

Le cycle de consultations entre partenaires sociaux sera-t-il l’occasion de donner une véritable consistance au CPA ? Les échéances électorales imminentes permettent d’en douter. Ce qui n’empêchera pas la CGT de continuer à défendre l’idée d’une véritable sécurité sociale professionnelle, seule protection efficace contre les aléas de la libéralisation du marché de l’emploi.

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