GUYANE: Les syndicats ont voté la grève générale!

Le syndicat CGT du CH Esquirol soutient la population guyanaise qui lutte actuellement pour plus d’égalités et des conditions de vie meilleures.

Présidentielle oblige, silence radio de la part des médias sur les mouvements sociaux en Guyane.

La Guyane est une ancienne colonie française d’abord esclavagiste puis pénitentiaire. C’est la plus grande région française en superficie mais aussi la moins peuplée.  La situation de précarité et d’inégalités croissantes ainsi que le désengagement de L’État en matière de services publics sont des choix politiques, délibérément pris par les « anciens colons » de la Métropole qui considère encore les DOM-TOM comme des lieux juste bon à se « pavaner » en période électorale.

. Les guyanais ont donc choisi de se révolter contre les injustices permanentes en terme d’offre de soins, de logements, d’éducation, d’économie et d’insécurité. Samedi 25 mars, la grève générale a été votée par l’Union des Travailleurs Guyanais (UTG), regroupant 37 syndicats, à compter du lundi 27 Mars, et ce afin de protéger les salariés grévistes dans tous les secteurs.

Regroupant pèle-mêle des salariés d’EDF, des collectifs contre l’insécurité, un collectif dénonçant l’insuffisance de l’offre de soins et les retards structurels en matière de santé, ou encore des socio-professionnels et des transporteurs, le mouvement de protestation a notamment monté des barrages obstruant depuis jeudi une dizaine de ronds-points stratégiques du littoral guyanais, bloquant notamment l’entrée de Cayenne.

Les mouvements sociaux en Guyane ont notamment conduit Arianespace à ajourner le lancement d’une fusée et le rectorat à fermer les établissements scolaires jusqu’à nouvel ordre. « La situation est toujours tendue. Nous n’avons plus de barrages sauvages, mais ça reste compliqué », a déclaré samedi la ministre des Outre-mer, Ericka Bareigts, qui avait proposé jeudi la tenue de discussions à Paris autour de l’économie, de la santé et de la sécurité, les principaux sujets de revendication des manifestants, afin de « traiter sans délai les problèmes immédiats ». Une demande rejetée par les participants aux mouvements sociaux, refusant de se rendre à Paris pour négocier avec le gouvernement.

Depuis sa première apparition il y a deux mois à Cayenne, le Collectif des 500 frères contre la délinquance fait sensation. Créé après le meurtre d’un habitant d’un quartier populaire, ce collectif constitué en réalité d’une bonne centaine de personnes propose aux autorités ses solutions contre l’insécurité record qui frappe la Guyane, territoire français le plus meurtrier, avec 42 homicides en 2016 pour 252 000 habitants. Parmi les pistes proposées, l’éradication des squats, le maintien d’un escadron de gendarmes mobiles affecté en renfort, ou encore le renvoi dans leur pays des détenus étrangers pour y purger leur peine (plus de 50 % des détenus en Guyane).

« Il y a eu, depuis vingt ans, de nombreuses marches blanches contre la violence, personne n’a été entendu », explique Zadkiel Saint-Orice, l’un des porte-parole du collectif. « La cagoule en plein état d’urgence, c’est juste pour attirer l’attention, faire quelque chose de différent », ajoute-t-il. Le 17 mars, à Cayenne, une quarantaine de « frères » sont entrés en force dans le bâtiment de la collectivité territoriale de Guyane (CTG) où se tenait la conférence des pays de la convention de Carthagène sur la protection des milieux marins, présidée par Ségolène Royal. Si la ministre du développement durable est restée stoïque, dialoguant brièvement avec le collectif, certains représentants étrangers ont eu peur, croyant à un moment à une « attaque terroriste », selon le président de la CTG, Rodolphe Alexandre.

« Nous ne sommes pas une milice, nous manifestons sans arme, avec comme seul accessoire notre cagoule », précise Zadkiel Saint-Orice, qui défend le caractère non violent du mouvement. Mardi, les « 500 frères » ont rejoint un autre collectif, les Toukans, et le syndicat Union des travailleurs guyanais (UTG) d’EDF, qui bloquent depuis lundi 20 mars le rond-point à l’entrée du Centre spatial guyanais, à Kourou. Les Toukans revendiquent le gel de la vente de l’hôpital de Kourou par la Croix-Rouge à un opérateur privé, et des mesures contre l’insécurité dans la ville. Les grévistes d’EDF réclament des recrutements pour combler des dizaines de postes vacants  et des investissements dans un territoire où les coupures sont fréquentes et où des milliers d’habitants n’ont pas l’électricité.

Nous demandons au gouvernement de prendre ses responsabilités et d’accéder aux revendications de L’UGT.

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