GM&S: État de siège à l’usine

Les salariés de GM&S Industry ont annoncé qu’ils venaient d’allumer des feux dans leur usine, constatant l’échec des négociations pour la reprise de leur entreprise. Alors que les 277 emplois du site sont menacés, ils veulent «hausser le ton».

Un communiqué de la CGT publié le 27 juin annonce que les salariés de l’équipementier automobile creusois GM&S Industry ont décidé de mettre le feu à l’intérieur de leur usine. Des photos publiées sur les réseaux sociaux révèlent d’ailleurs que cette décision radicale a immédiatement pris effet.

Un salarié de l’usine a répondu aux questions de RT France pour expliquer la situation sur place. «On a mis le feu dans l’usine», annonce-t-il, expliquant vouloir protester contre d’éventuelles suppressions d’emploi. «Les constructeurs nous ont une énième fois dit « fuck », ce qui fait que vendredi [30 juin] on va vivre une liquidation et dans 15 jours les premiers licenciements tomberont», ajoute-t-il.

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a estimé de son côté qu’il n’y avait «pas un instant à perdre» pour qu’une offre ferme soit déposée pour la reprise de l’équipementier, et assuré mobiliser «toutes les énergies» pour y parvenir.

Les trois anciens dirigeants font l’objet, depuis 2014, d’une enquête judiciaire pour leur gestion "discutable". Mediapart révèle qu’ils sont soupçonnés d’abus de biens sociaux et d’escroqueries. 
 
 Le site de GM&S Industry était entre 2009 et 2014, la propriété du groupe Altia Industry, dirigée par Patrice Durand, Patrick Adolf et Nicole Cohen. L’enquête progresse lentement, et aucune mise en examen n’a été demandée.
 
 Selon Mediapart, les trois dirigeants seraient mis en cause dans leur gestion des sites du goupe Altia Industry dont celui de La Souterraine jusqu'en 2014. Le trio aurait mis en place pendant cette période un système de remontées financière vers la tête du groupe, notamment via le paiement de loyers par les sites.

« en un peu plus de trois ans, les dirigeants d’Altia ont chacun touché plus de 1,3 million d’euros de rémunération nette, auxquels il faut ajouter 1,5 millions d’euros de dividendes, partagés entre eux trois sur la même période  »

Aujourd’hui encore, le site de La Souterraine doit payer un loyer à deux anciens dirigeants.
 
 D’autres manipulations financières, réalisées par le groupe sont très troublantes et nourrissent le dossier de l’enquête judiciaire.
 
 Suite à ces révélations, une action a été engagée contre Médiapart par les personnes mises en cause pour diffamation et propos mensongers .

 

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