Les GM&S débloquent le site PSA

Les GM&S se sont rendus chez PSA à Sept-Fons (Allier) pour exiger de nouvelles commandes. En attendant la décision du tribunal de commerce, ils réclament le maintien de l’activité jusqu’au 30 septembre.

Mise à jour : Les salariés de l’équipementier automobile creusois GM&S, en liquidation judiciaire, ont levé à l’appel de la CGT jeudi soir le blocage du site de PSA dans l’Allier, après un accord avec le gouvernement sur l’ordre du jour des prochaines discussions à Bercy, le 11 juillet. Une évacuation sans heurts, et peu après 22 h, le dernier véhicule des GM&S quittait le site de Peugeot à Sept-Fons, sur la commune de Dompierre-sur-Besbre, permettant aux premiers camions d’entrer à nouveau librement dans l’enceinte de l’usine.

À la suite d’une négociation dans l’après-midi à la préfecture de Moulins, la CGT avait obtenu de faire acter à l’ordre du jour de la prochaine réunion prévue à Bercy, mardi 11 juillet, les quatre revendications des salariés, a expliqué Patrick Brun, délégué CGT. « Il nous a été proposé une réunion à Bercy mardi à 15 h 30, à la condition que l’on lève le camp. Nous avons demandé un ordre du jour précis, que nous avons obtenu, le ministre ayant donné son accord », a-t-il dit.

Deux cars de salariés de GM&S La Souterraine (Creuse) stationnent depuis mercredi 5 juillet devant le site PSA de Sept-Fons à Dompierre-sur-Besbre (Allier). Les salariés de l’équipementier automobile creusois ont érigé des barrages de pneus aux entrées. Entre colère et désespoir, ils exigent que Peugeot augmente le niveau de ses commandes. « PSA a une responsabilité particulière et doit s’engager sur l’emploi », confirme Thomas Baudouin, de la CGT-Automobile, qui précise que les salariés ne bougeront pas « tant qu’il n’y aura pas d’évolution sur l’emploi ».

Toujours présents devant le site de Sept-Fons, les salariés jugent inacceptable la perspective avancée par le seul repreneur pressenti, le groupe GMD, numéro 1 français de l’emboutissage, qui ne reprendrait que 120 emplois sur 277. Ils se réservent aussi la possibilité de se déplacer sur un site de Renault, groupe envers lequel ils ont les mêmes revendications, au cas où ils seraient délogés par la force du site de PSA. Si tous les moyens ont été mis par PSA pour contourner le blocage et continuer d’acheminer sa production – des blocs de moteur Diesel et des disques de frein –, en faisant appel à des hélicoptères dès mercredi, premier jour du blocage, les responsables du groupe restent sourds aux demandes de rencontre des représentants des salariés de GM&S.

La CGT souhaite en effet ouvrir des discussions pour « mieux comprendre (le) projet industriel » de GMD et faire évoluer le nombre de postes sauvegardés. Le syndicat s’insurge par ailleurs à l’annonce d’un plan social qui ne prévoirait pas des mesures « à la hauteur de la casse humaine », notamment des formations et des indemnités extra-légales auxquelles devront contribuer les constructeurs automobiles. « Nous ne bougerons pas d’ici tant que nous n’aurons pas un engagement écrit de PSA sur des négociations » visant à augmenter le nombre d’emplois repris – via des commandes de sous-traitants – « et le versement d’une prime extra-légale, s’ajoutant aux indemnités de licenciement de base, pour ceux qui partiront », a martelé Patrick Brun.

Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a annoncé jeudi qu’une solution était sur le point d’être trouvée : « Nous (y) travaillons depuis des jours, nous ne sommes pas loin d’une solution », a-t-il déclaré sur BFMTV. Une déclaration accueillie avec circonspection par la CGT : « Il a peut-être des informations qu’on n’a pas », a ironisé Patrick Brun, délégué syndical CGT. Surtout, il n’a pas la même notion de l’urgence sociale puisque pour le ministre, « ce qui compte, c’est la pérennité du site ». Faisant fi de la difficulté des salariés pour retrouver du travail en Creuse, à près de 50 ans et après des décennies « de bons et loyaux services à PSA »,  il a réitéré son appel à la levée immédiate du blocage du site qui – méthode classique de culpabilisation des salariés – serait une « condition à la reprise du dialogue ».

Bruno Le Maire a également évoqué la possibilité d’une rencontre avec l’ensemble des parties prenantes du dossier (représentants des salariés, repreneur, donneurs d’ordres…) à une réunion mardi 11 juillet à Paris.
Une audience du tribunal de commerce de Poitiers  est programmée le 19 juillet, pour examiner l’offre de reprise de GMD, avec un arrêt d’activité prévu le 21 juillet. Le syndicat CGT demande la poursuite de la période d’activité au moins jusqu’au 30 septembre. Le temps de trouver des solutions.

Avec AFP

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