GM&S: les salariés envisagent une grève de la faim!

La reprise de GM&S par l’équipementier GMD a été actée jeudi 7 septembre. Mais la bataille des ex-GM&S continue : pour l’emploi, les conditions de départ des licenciés et la pérennité du site.

Après six reports de décision successifs, le tribunal de commerce de Poitiers a tranché : l’équipementier automobile GM&S passe sous l’escarcelle de GMD, seul acteur à avoir présenté une offre de reprise ferme. Ferme, mais partielle, la reprise par GMD va permettre de préserver seulement120 emplois sur 277. On est loin, très loin du compte pour les salariés de la Souterraine qui considèrent cet effectif insuffisant pour assurer le fonctionnement du site et pour garantir sa pérennité. Au sortir du Tribunal de Commerce, l’avocat des GM&S, Jean-Louis Borie, s’est voulu malgré tout constructif. En soulignant que l’offre de GMD pouvait encore être améliorée au niveau de l’emploi, il a implicitement invité les salariés et leur syndicat CGT à poursuivre les mobilisations. Déçus mais pas surpris, les salariés ont accueilli le rendu de jugement avec réserve.

En lutte intense et sans relâche depuis des mois, ils ont occupé plusieurs sites des donneurs d’ordre PSA et Renault, exercé toutes les pressions possibles sur le gouvernement et réussi la médiatisation à grand bruit de leur problématique. Tout cela pour un résultat très mitigé, au final, mais pas nul pour autant. Dans son jugement du 7 septembre, le Tribunal de Commerce stipule que le repreneur GMD ne pourra céder aucun des biens de l’entreprise pendant un délai de deux ans. Ce qui implique, au grand soulagement des salariés, que GMD ne pourra pas se délester de l’activité de tôlerie qui, du point de vue des salariés, est essentielle, voire stratégique pour garantir la pérennité du site. Déçus, certes, mais pas résignés, les salariés, très mobilisés, veulent voir cette séquence comme un épisode, pas comme un épilogue.

Après avoir pris connaissance de la décision du Tribunal de Commerce, ils se réunissaient avec leur syndicat CGT pour réfléchir aux nouvelles suites à donner à leur mobilisation. De commun accord, ils actaient la nécessité, dans un premier temps, de poursuivre la lutte sur au moins deux fronts : celui de l’emploi et celui des conditions de départs des 157 licenciés. « Ce n’est pas fini. On va peut-être jouer davantage à domicile. Car cette entreprise, c’est quand même la notre. On va se battre pour sauver des emplois, pour que les copains qui vont devoir partir partent dignement », déclaraient plusieurs salariés aux micros de France 3 région.

 On laisse passer une semaine pour que les choses évoluent. Après, à la demande des salariés, on réfléchit à la mise en place d’une grève de la faim. »

Après une nouvelle assemblée générale mardi 12 septembre, les GM&S ont certes décidé de poursuivre la mobilisation mais sans gêner « le travail des gens de GMD qui sont ici », explique Vincent Labrousse. Une preuve de bonne volonté, l’espoir aussi qu’« ils mesureront eux-mêmes l’ampleur des difficultés que les salariés vont rencontrer s’il n’y en a pas plus de 120 repris. »

 « On est tous très attachés à l’usine mais il ne faudrait pas que les salariés perdent la motivation pour venir travailler. C’est très tendu ici. Il y a du désespoir… Là, pour l’instant, on veut sensibiliser les gens : c’est pour ça qu’on organise des visites de l’usine, samedi (*), pour les Journées du patrimoine. Montrer ce qu’on sait faire et dire aussi que non, on n’est pas des enfants gâtés. »

 

RENDEZ-VOUS samedi 16 septembre de 8h30 à 17h30 pour une visite guidée de l’usine!

SOUTENONS LES GM&S! ON LACHERA RIEN!

Imprimer cet article Télécharger cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *