Le Chemin des Dames: bataille oubliée de la grande guerre

« Quelle connerie la guerre! » citation de Jacques Prévert qui résume parfaitement ce qu’a été la 1ère guerre mondiale.

Bientôt le 11 novembre et les commémorations vont débuter pour honorer les braves poilus tombés sur le champ de bataille. Les officiels vont parler de Verdun ou de la Somme. Mais la bataille du chemin des dames a été quelque peu oubliée par l’Histoire officielle. Pourquoi? Parce que cette bataille a été la plus sanglante et n’a été que boucherie du début à la fin.

Début 1917, le moral des troupes est au plus bas. Les soldats ont peur de servir de chair à canon sur de nouveaux fronts aussi meurtriers qu’inutiles. 200 000 morts français en 1915 en Champagne et en Artois et 160 000 morts français à Verdun. Les pertes humaines sont également aussi nombreuses dans le camp adverse.

Le général Nivelle, nommé commandant en chef des armées en 1916, pense détenir la solution pour faire abdiquer rapidement l’armée allemande. L’offensive est lancée le 16 avril 1917. La cible: le chemin des dames entre Reims et Soissons. L’armée française est en contrebas de l’armée allemande qui est basée sur une ligne de crête et qui représente un site de défense naturel.

Les moyens déployés pour l’opération sont colossaux:

  • 1 million de poilus rassemblés sur un front de plus de 30 kms
  • 500 000 chevaux
  • 5 000 pièces d’artillerie

D’après Nivelle les troupes doivent parvenir à enjamber le plateau du chemin des dames en à peine 48h. Mais rien ne s’est passé comme prévu. Peinant à progresser sur les pentes accidentées, les soldats français sont fauchés par un déluge de feu. A la fin du premier jour, ils n’auront progressé que de 500 m alors que Nivelle avait envisagé une avancée de 10 Kms. Les morts et les blessés se comptent déjà par milliers. Le bilan est désastreux mais les hommes continuent à être envoyé au massacre par vagues successives. En une semaine, 40 000 poilus perdent la vie. La colère monte dans les rangs.

Déjà épuisés par 3 ans de guerre, les soldats dénoncent un énième carnage pour rien. Ils sont bientôt des milliers à refuser de monter au front.

C’est la première fois que l’armée française doit faire face à un tel épisode de désobéissance.

Nivelle est remplacé par Philippe Pétain. Ce dernier se montre impitoyable avec les mutins. Dans les mois qui suivent, des milliers de combattants sont jugés par des tribunaux militaires spéciaux.

554 mutins sont condamnés à mort. Si la plupart ont été graciés, 43 soldats sont bel et bien fusillés.

La bataille du chemin des dames prit fin le 24 octobre 1917 et a coûté la vie à 200 000 soldats français.Les tirailleurs sénégalais perdent 7 000 hommes sur les 16 500 engagés.

Les pertes allemandes seraient de 300 000 hommes.

En raison de son issue (reprise que de quelques points stratégiques allemands) et de son climat insurrectionnel, l’offensive du chemin des dames fut longtemps considérée comme une bataille honteuse. Les soldats sacrifiés n’ont pas eu droit aux mêmes hommages que ceux rendus à leurs camarades morts à Verdun ou dans la Marne.

La chanson de Craonne, hymne contestataire, a été entonnée par les mutins lors de l’offensive Nivelle et longtemps censuré par le commandement militaire.

https://www.youtube.com/watch?v=wGrdG85mmL0

 

 

 

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