Chasse aux syndicalistes en Haute-Vienne: justice pour François Jacob!

Le 12 Décembre 2017, un rassemblement a eu lieu autour de l’arbre de la dignité au parc Victor Thuillat à Limoges. 200 personnes sont venues pour soutenir notre camarade François, Moniteur éducateur depuis 27 ans,licencié pour avoir participé à une manifestation de soutien à un jeune de son établissement. Ce jeune, à 18 ans, se retrouvait à la rue suite à une décision du Conseil Départemental de la Haute-Vienne.

Un licenciement abusif

Voici la déclaration que François a lu au cours de ce rassemblement

« Pourquoi avoir choisi ce lieu. Les seules pièces du dossier de l’employeur sont deux courriers émanant du conseil départemental et deux articles de presse, de plus lors des entretiens préalables le directeur a demandé presque à tout le monde qui avait alerté la presse.

Il serait très important dans le cadre de la liberté de la presse de trouver aussi des solutions pour protéger les personnes qui témoignent dans les médias.

Je remercie la presse d’avoir couvert et relayé très largement cette histoire.

Je remercie en premier une personne qui a tenu un rôle primordial pour qu’enfin notre histoire soit reconnue à sa juste valeur.

Un travailleur compétent, efficace, précis, rigoureux, qui prend le temps d’écouter et qui est disponible, très pédagogue, bourré de talent et qui reste trop souvent dans l’ombre M Simon Daudet, juriste au secteur droit et liberté de la CGT.

Il a permis par la qualité de ses dossiers que le tribunal ait pu avoir une vision très juste de la situation et qu’ainsi 11 personnes aient vu leurs sanctions abandonnées et qu’elles soient dédommagées.

Pour ma part il a levé le voile sur un monceau de mensonges et de calomnies, ce qui a permis que mon licenciement soit qualifié «  sans cause réelle et sérieuse ».

Je remercie l’ensemble des syndicats qui, dès le lendemain des sanctions, ont à l’unanimité dénoncé ce scandale et ceux qui, présents aujourd’hui malgré plus d’un an et demi sont restés pour m’épauler.

Je remercie le directeur de la médecine du travail, l’ancienne députée socialiste du nord du département, le parti communiste qui m’a financé et hébergé lors de la fête de l’Huma afin que je puisse rencontrer des politiques et des journalistes, ce qui a été le cas.

Je remercie tous les copains et copines syndicalistes ou d’un collectif qui m’ont soutenu par leurs appels, leurs présences, mes amis, ma famille. Je n’oublie pas aussi le courage de certains anciens collègues qui ont fait fi de l’ambiance de terreur qu’avait instaurée le directeur et ont osé témoigner afin que la vérité éclate au grand jour.

Le 13 avril 2016, après avoir prévenu la veille lors d’une réunion de cadres toute la direction y compris Hervé Vitis, directeur du vieux collège par intérim, nous avons manifesté avec d’autres personnes sur le parvis du bâtiment du conseil départemental. Nous étions venus sur notre temps personnel nous présentant comme travailleurs sociaux citoyens afin de dénoncer une décision du conseil départemental dont la conséquence est que des jeunes pouvaient se retrouver à la rue le jour de leurs 18 ans. Ce qui était le cas ce jour là. Il n’y a eu ni heurt ni violence. Une solution a été trouvée pour le jeune et la manifestation s’est dispersée dans le calme.

Le lendemain et le surlendemain, les médias ont relaté cet événement. Le directeur a fait préciser dans un article que c’était une initiative personnelle et privée qui n’engageait aucunement l’établissement.

Le conseil départemental a fait parvenir deux courriers à la direction générale.

Je reviendrai plus tard sur ces courriers.

Le 26 avril, le directeur a convoqué l’intégralité des salariés au vieux collège.

Entre temps, une ancienne collègue nous alerte sur la personnalité du directeur. Elle a travaillé pendant près de 20 ans et démissionné d’un ESAT.

Comme d’autres, y compris son mari qui ne s’en est toujours pas complètement remis toujours en recherche d’emploi, elle a souffert de cet individu.

Elle nous a donc envoyé des documents. Un jugement des prud’hommes concernant ce directeur, de 2012 s’appuie entre autres sur un rapport de l’inspection du travail dont une des conclusions mentionne des comportements incompatibles avec les droits fondamentaux liés à la personne humaine. De plus, de nombreux salariés lui reprochent des scènes agressives et violentes devant et envers les résidents. D’autres salariés lui reprochent d’avoir, par son comportement, détruit le fonctionnement de l’ESAT en divisant volontairement le personnel. La démission de notre ancienne collègue a même été requalifiée en licenciement abusif, nous étions atterrés.

Lors de la réunion du 26 avril de l’ensemble des salariés, il a annoncé que les participants seraient sanctionnés. Il a essayé de diviser les salariés en nous humiliant et en pointant du doigt qu’à cause de nous, tout l’établissement risquait de sombrer. Nous nous étions préparés et nous n’avons pas abondé à cette provocation. Des convocations pour un entretien préalable ont été envoyées. Il a continué à accentuer la pression en convoquant les salariés au rythme de 3 par semaine. Dans les entretiens, il a même demandé aux salariés de s’excuser d’avoir manifesté.

Au mois de juin, les sanctions pleuvent sur un tiers des salariés de l’établissement, les sanctions seront distribuées de façon totalement subjective et sans aucun fondement.

11 auront une observation

3 un avertissement

1 mise à pied

2 salariés seront licenciés

Les deux anciens délégués syndicaux CGT. Pour un qui était délégué du personnel et CE l’inspection puis le ministère du travail invalideront la sanction, le salarié a conservé son poste.

Pour moi, n’ayant plus de mandat depuis 1 an et demi j’ai été licencié pour faute grave.

Tout de suite, une intersyndicale au niveau départementale et la fédération nationale de la santé et l’action sociale de la CGT vont dénoncer cette situation en conférence de presse puis par courriers auprès de la DG de l’AGE, au ministère des affaires sociales et de la santé, à l’ARS, la Direccte avec copie aux élus du département .

D’autres courriers suivront.

Une manifestation de soutien au délégué élu sera organisée devant la direccte, une en soutien aux salariés sanctionnés sera organisée à Magnac-Laval.

Une pétition est lancée, elle recueille en quelques jours plus de 2500 signatures La direction générale, malgré cela, n’aura jamais voulu recevoir officiellement les salariés.

Au total, il y aura 17 articles dans les journaux locaux, nationaux et professionnels, de très nombreux reportages sur les radios locales et régionales, 2 reportages sur FR3 Limousin.

A l’automne, à l’issue d’une manifestation, les responsables syndicaux départementaux ont exprimé une demande nous concernant auprès des personnels de la préfecture qui les recevaient.

Quelle a été leur surprises d’apprendre que ce triste personnage était connu de leurs services, ils ont cité des noms d’établissements que nous ne connaissions pas.

En juin, ce sinistre directeur est parti par la grande porte, il y a donc des avantages à la délinquance et des inconvénients à la vertu, il est allé jusqu’à me refuser le minimum légal, demandé par lettre recommandée, un exemplaire de mon contrat de travail initial me permettant de m’inscrire à pôle emploi. Il est parti en laissant les équipes très déprimées et un établissement dans un triste état. Mais combien de vie a-t-il démolies ?

Ma vie professionnelle a été détruite. Il savait pertinemment qu’à 56 ans, malgré avoir postulé sur plusieurs offres, je ne trouverai plus de travail dans le social, je suis une formation et je serai peut-être jeune diplômé à 58 ans. J’ai perdu beaucoup financièrement et qu’est ce que j’aurai comme retraite. Ma vie personnelle est abîmée.

Quant à ce que je ressens, c’est du dégoût, licencié après 27 ans de bons et loyaux services, sans jamais un reproche, par des dirigeants d’une association du secteur social qui bafoue toutes les valeurs et les fondements du travail social, c’est inqualifiable.

Licencié par une direction générale complice préférant faire confiance à un directeur délinquant, affabulateur, manipulateur, destructeur et trahit ainsi la confiance de ses salariés.

Licencié pour avoir dénoncé une décision départementale indigne et empêché qu’un jeune se retrouve à la rue, voilà mon triste sort.

Pour toutes ses raisons, c’est tout simplement invivable.

Je ne veux pas me cantonner à me taire.

Je suis victime d’une situation sordide. Le conseil des prud ‘hommes a écrit que j’étais un homme de bonne foi et en demandant ma réintégration, a confirmé que ce licenciement était une injustice. Tout cela est indigne d’un citoyen Français et je ne veux pas, comme cela se passe hélas si souvent en l’occurrence, que ce soit les victimes qui partent. »

Soutien politique de tous bords, le PS de la Haute-Vienne aux abonnés absents!

« Il est très important que les partis politiques soient présents aujourd’hui et puissent s’exprimer .

J’ai invité presque tous les partis politiques à venir s’exprimer. Je les remercie tous car m’ont reçu dans un délai très rapide à l’exception du parti socialiste que j’ai interpellé par mail par l’intermédiaire de ma conseillère départementale socialiste et qui a ce jour n’a pas souhaité me répondre.

Les sanctions et les licenciements ont été basés sur des mensonges, des affabulations avérées pour nous punir dans le monde du travail d’avoir manifesté sur un temps de notre vie privée.

La justice prud’homale a des compétences qui se limitent au monde du travail, or par des moyens minables et par fourberie la direction a réussi à contourner cet interdit. C’est une dérive très dangereuse, cela met en péril les fondements de notre démocratie, le droit de manifester, d’avoir une opinion, voire de se présenter sous une étiquette politique, d’avoir une vie privée. Il suffit alors de faire le calcul des sommes que l’on devra payer et ainsi on pourra se débarrasser de n’importe qui pour n’importe quelle raison.

Presque toutes les semaines, nous voyons à la télé des reportages sur les maraudes ou les bénévoles de la croix rouge, des resto, du secours populaire et bien d’autres qui font preuve d’une grande solidarité envers nos frères et sœurs dans la misère, le désespoir, le froid, la faim.

Nous avons dénoncé une décision départementale qui peut et qui a amené des jeunes à se retrouver dans la rue. Nous avions fait ce que nous pensions être notre devoir de citoyens et de travailleurs sociaux. Au lieu d’être remerciés, nous avons été sanctionnés et pour moi licencié, alors que pour les autres participants, aucun n’a eu un reproche de la part de leur direction. Comment les dirigeants d’une association du social dont le but est d’aider, de protéger les jeunes en difficulté ont-ils pu agir de la sorte avec autant de haine, de violence et de mépris ?

Comment la direction générale a-t-elle pu bafouer et renier les grands principes de notre démocratie et valeurs qui fondent le socle du travailleur social, la solidarité, la fraternité. Cette association fonctionne uniquement avec de l’argent public, assure des missions de service public et est contrôlée par l’état. Il serait très opportun qu’elle s’explique auprès de son ministère de tutelle, de la solidarité et de la santé ? »

La chasse est ouverte par le président du Conseil Départemental!

« Le 13 avril 2016 il y a eu une énième manifestation contre une décision du conseil départemental qui peut et a mit des jeunes à la rue le jour de leur 18 ans.

Dès le 15 avril, la direction générale de l’association a reçu deux courriers du conseil départemental signé par le président écrivant que nous n’avions pas fait notre travail. Je cite « Vous comprendrez donc que je ne peux que m’étonner du fait que les services du département, pour pallier la carence de votre structure dans cet accompagnement à la sortie, aient pu mobiliser en 1 heure une solution que vos équipes n’auraient pas été capables de mettre en œuvre ces derniers mois ». Cette solution s’est révélée être un lieu totalement inadapté pour un jeune scolarisé et pour une durée maximale de 2 semaines. C’est la triste réalité d’un effet d’annonce sans lendemain. Quel mépris pour le jeune et le travail des éducateurs !

Nous avons été accusés d’avoir trahi le secret professionnel. Je cite « les manifestants se sont en effets présentés comme un collectif de citoyens et de salariés. Si je comprends bien que les professionnels puissent disposer d’informations précises dans le cadre de secrets partagés et si je reconnais volontiers que des citoyens peuvent légitiment se mobiliser sur une cause qui leur est chère, je m’interroge en revanche sur le point de savoir comment des citoyens ont pu être informés d’une situation précise d’un jeune nommément désigné ». Le jeune a dit partout qu’il allait être mis à la rue le 13 avril à ses amis , ses connaissances , les profs et la direction de son lycée puisque il avait été mis au courant officiellement 3 semaines plus tôt par les services de l’aide sociale à l’enfance. Nous avons manifesté sur le parvis alors qu’au même moment, dans un bureau les services de l’aide sociale signifiaient au jeune qu’il était à la rue, imaginez dans quel état il est sorti ! Quel cynisme ! C’était insupportable. Nous avons toujours rempli pleinement nos missions avec sérieux et compétence sans jamais rechigner ni tergiverser.

Résultat : 18 salariés sanctionnés donc 5 lourdement et un licencié

Comment un président d’un conseil départemental qui se réclame des idées de Jean Jaurès peut-il cautionner cela ? On peut rétorquer que j’ai une amertume voire de la haine envers le parti socialiste. C’est totalement faux. Le président du conseil départemental de la Nièvre, socialiste, continue à accompagner les jeunes au-delà de 18 ans et ce jusqu’à 21 ans .

Nous pensions avoir au moins un soutien appuyé des conseillers départementaux à part pour 2 ou 3, le silence est pour moi assourdissant. »

Depuis le début de cette sordide, nous avons soutenu, nous soutenons et soutiendrons notre camarade et ami François Jacob.

François milite avec vigueur et conviction. Il est encore de tous les combats. Le drame qui le frappe actuellement ne le met pas à genoux! C’est la tête haute qu’il défend toujours les valeurs qui lui sont chères: la liberté d’expression, la liberté syndicale et la défense des autres.
Avec toi François, on lâchera rien!

Des décisions arbitraires, autocratiques et injustes ont été prises par le Conseil Départemental 87. Sous couvert « d’austérité », le CD s’en est pris de manière lâche et inhumaine aux plus faibles: des jeunes de l’Aide Sociale à l’Enfance! Où va une société qui n’est pas capable de protéger ses enfants? Comment peut-on mettre délibérément à la rue des adolescents qui viennent juste d’avoir 18 ans sous prétexte de faire des économies?

L’ancienne présidente du Conseil Départemental, aujourd’hui sénatrice, a fait voté cette délibération sans aucun état d’âme. Mme la sénatrice, la rue est beaucoup moins confortable que le Palais Bourbon!

adopteunjeune.com: association qui s’est créée suite à cette décision.

Coordonnées:

Adopte un jeune.com
adopteunjeune.com87@gmail.com
http://fsu-cg87.over-blog.com/tag/adopte%20un%20jeune.com

Voici la vidéo officielle de adopte un jeune 87

 

https://www.youtube.com/watch?v=wV4S3sk87fE&feature=em-share_video_user

 

Imprimer cet article Télécharger cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *