GM&S: après la casse industrielle, la casse des hommes

Voici un communiqué des salariés de GM&S Industry de la Souterraine en Creuse;

 » LS Industrie et GM&S Industry France

Après la casse Industrielle, c’est la casse des hommes !

E.Macron n’est pas le Père Noël et GMD (LSI) ne tient pas sa parole !

Le 4 septembre 2017, le tribunal de Poitiers a validé la reprise de GM&S par GMD, et de seulement 120 personnes sur les 277 salariés-es de l’usine.

Depuis l’usine tourne au ralenti. Le chiffre d’affaire mensuel est en moyenne de 167 000€ par mois alors qu’il devrait être de plus de 2 millions… et toujours pas de visibilité sur l’avenir et les investissements. Dans le même temps, GMD investit dans une usine d’emboutissage au Mexique alors qu’il a reçu 10M€ des constructeurs Renault et PSA et 5 M€ de l’Etat pour le site.

Ça casse l’outil industriel !

Pour les 157 licenciés, il n’y a pas d’accompagnement « exceptionnel ». A ce jour, un seul salarié a retrouvé un CDI, 2 doivent en avoir en Janvier et 8 ont retrouvé des CDD… En dehors des difficultés quotidiennes, c’est la remise en cause de la promesse de garantir la portabilité de notre mutuelle, difficultés administratives régulières.

Ça casse le moral des licencié-e-s !                                      

L’inspection du travail a validé le licenciement de 9 représentants du personnel (CGT et FO) sur les 12 concernés. Rien qu’avec les erreurs contenues dans la procédure, l’inspection du travail pouvait les garder tous. La décision est tombée quelques jours après que Mr Martineau ait déjeuné avec le Préfet et le directeur de la Direction du Travail de la Creuse (dont dépend l’Inspection). Un autre choix a été fait, celui de la complaisance pour les puissants…

C’est tenter de casser la résistance des délégués !

Les constructeurs veulent faire de ce dossier un exemple.

Ils l’ont fait en ne remettant pas suffisamment de travail pour les 277 salariés-e-s alors que le secteur automobile va très bien. Et une fois la casse prononcée, ils n’assument pas en refusant de financer une indemnité supra-légale pour les salariés-es licenciés-es alors qu’ils l’avaient mis en œuvre sur les deux plans de licenciements précédent !

L’Etat est complice en laissant faire cette casse. Il n’assume pas de faire pression sur les constructeurs et sur le repreneur pour que l’usine puisse avoir un véritable avenir.

Par contre, il écarte violemment les journalistes et il les met en garde à vue quand ils ne disent pas ce que le pouvoir veut qu’ils disent !

Tout le monde doit savoir !

On a bien fait de lutter !

Sans la mobilisation de tous les salarié-e-s, de l’ouvrier au cadre, il n’y aurait pas eu de reprise du tout !

  • Sans elle l’usine aurait fermé dans le silence par manque de trésorerie et de soutien des constructeurs. GMD n’aurait pas déposé son offre au mois de juillet après des mois de lutte et les « sachants » auraient pu dire que c’est la faute des salariés pas assez rentables, trop loin de tout, dépassés techniquement. Nous avons démontré le contraire !
  • Sans elle il n’y aurait pas eu d’accompagnement des licencié-e-s car même si celui ci n’est en rien « exceptionnel », il n’existe que parce que les GM&S se sont battus !
  • Sans elle, la désertification du bassin  (Creuse / Haute-Vienne / Indre) n’aurait pas été mise en lumière et on aurait continué à crever doucement. C’est grâce à notre combat que l’Etat a été mis au pied du mur et s’est senti obligé de mettre en place un comité de revitalisation des zones en « hyper-ruralité »…

On ne lâche rien !

Nous n’acceptons pas ce qui nous est présenté comme une fatalité !

ð  Oui, il est possible d’avoir de l’industrie de production en Creuse

ð  Oui, l’accompagnement dit « exceptionnel » présenté par le gouvernement n’en est pas un mais il est encore possible d’améliorer les choses pour reconnaitre le préjudice subi par les salarié-e-s pour la perte d’un travail, d’une carrière qui était une part importante de leur  vie et celle de leur famille.

ð  Oui, nous salariés avons démontré que nous n’étions pas que des chiffres.

ð  Oui nous sommes impliqués et  attachés à notre travail.

ð  Oui, les véritables responsables de la situation sont les donneurs d’ordre (PSA et Renault) et les différentes directions qu’ils ont mises en place pour piller l’entreprise.

D’autres choix sont possibles !

  • Si GMD veut sérieusement faire repartir l’activité du site comme M. Martineau le prétend, il doit mettre en adéquation les effectifs et les savoir faire avec les besoins annoncés de production donc embaucher 40 personnes en production et 10 dans les services support.
  • Il faut remettre en place une politique de développement interne et externe, pour réduire la dépendance aux donneurs d’ordre Renault et PSA, et investir dans le hors automobile par des techniques innovantes comme l’emboutissage à chaud ou le soudage laser…
  • L’accompagnement doit réellement être à la hauteur du préjudice subi. Compte tenu de la difficulté de reconversion sur notre territoire une indemnité supra-légale est indispensable, à la hauteur de ce qui avait été fait pour les précédents PSE.
  • Pour le territoire, nous réclamons que les donneurs d’ordre soient responsabilisés : ils doivent financer les entreprises reprenant des salariés licenciés comme c’est le cas pour Whirlpool à Amiens. Nous réclamons aussi que les comités de suivi de la reprise, du PSE et de revitalisation soient dotés de moyens d’expertise et de moyens coercitifs si les engagements ne sont pas tenus. Sans quoi les promesses pourraient se révéler être de l’enfumage politique. Et pourquoi pas faire une loi allant dans ce sens ?…Nous avons des propositions !

PROCHAIN RENDEZ VOUS (Action en annulation du PSE)

Tribunal Administratif

1 cours Vergniaud, Limoges

Jeudi 11 Janvier 2018 à 9h Venez Nombreux !!! »

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