MOTION DE LA CME DU VINATIER du 15 Janvier 2018

La communauté médicale de l’hôpital du Vinatier tient ce jour, à voter cette motion et à interpeller, une nouvelle fois, les pouvoirs publics, l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes et le ministère des solidarités et de la Santé.

Dans un contexte où:

  1. Les files actives de toutes les lignes de soins portées par le secteur psychiatrique augmentent de 3 à 5 pour cent par an-files actives à plus de 90 % extra-hospitalières-
  2. Les actes effectués par les soignants en psychiatrie augmentent de 3 à 10 % par an
  3. Les missions dévolues au service public se muliplient
  4. L’attention au parcours du patient s’intensifie en réaffirmant l’importance des soins ambulatoires, de l’accessibilité et de la proximité géographique.
  5. Les soins spécifiquent aux patients se structurent et se diversifient ( UHSA, UMD, Urgences, réhabilitation etc…)
  6. Des priorités de santé publique nécessiteraient de nouveaux moyens (soins somatiques aux patients psychiatriques, périnatalité, psychoses débutantes, psychiatrie du sujet âgé, etc…).

Il va être, à nouveau, demandé à notre établissement de faire des économies en 2018.

Après avoir réalisé 3,5 millions d’euros d’économies en 2017 et avoir dû supprimer 52 postes sur notre établissement, il lui serait à nouveau demandé de réaliser cette année 2,5 millions d’économies.

Et combien pour 2019, 2020, 2021,etc?

Et ceci dans un contexte où:

  1. Le renouvellement du budget de notre établissement année après année ne lui permet pas de maintenir ses effectifs et les missions de soin qui lui sont attribués
  2. Le taux de renouvellement de notre budget est bien loin de celui de l’ONDAM annuellement voté à l’Assemblée Nationale
  3. Les revalorisations salariales des professionnels du Vinatier, et toutes les mesures catégorielles, décidées nationalement, ne sont pas financées localement. Ce qui revient à devoir supprimer des postes afin de pouvoir les appliquer (plus de 2 millions d’euros en 2017).
  4. Une réserve prudentielle qui ne se justifie pas et qui ne se dégèle jamais.

Ce système nous mène dans une impasse et met les professionnels de santé et les patients en grande difficulté.

Comment parler de pratiques innovantes si des lignes de soins ferment, si les suppressions de postes obligent à concentrer les forces sur l’intra-hospitalier dans un « virage ambulatoire » à rebours?

Comment les usagers peuvent-ils intégrer ces effets paradoxaux dans leur parcours de soin?

Nous demandons un financement pour notre établissement qui nous permette de prodiguer les soins que nécessite la population dont nous avons la charge.

On n’en peut plus!

 

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