Remue-méninges CGT CH Esquirol Mai 2018

Mort de Naomi : Patrick Pelloux dénonce un manque de moyens inacceptable aux urgences

« Epouvantable. » C’est l’adjectif qu’a utilisé Patrick Pelloux, le président de l’Association des médecins urgentistes de France (AMUF), dans Le Parisien, mercredi 9 mai, pour qualifier l’enregistrement de l’appel qu’a passé Naomi Musenga au service d’aide médicale urgente (SAMU) de Strasbourg, le 29 décembre 2017. « On voit depuis vingt ans flamber les difficultés dans les SAMU en France », a expliqué le médecin urgentiste, qui en appelle à la ministre de la santé pour engager un travail de réflexion sur l’organisation des secours en France.

Souffrant de fortes douleurs au ventre, la jeune femme était seule quand elle a composé le 15 pour appeler à l’aide. Elle avait obtenu une réponse moqueuse et dédaigneuse de l’opératrice du SAMU, qui lui avait recommandé d’appeler SOS-Médecins, avant de raccrocher. Au bout de cinq heures, Naomi Musenga était parvenue à joindre les urgences médicales, qui avaient in fine déclenché l’intervention du SAMU. Victime d’un infarctus, elle a été emmenée à l’hôpital, puis transférée en réanimation. Elle est morte quelques heures plus tard d’une « défaillance multiviscérale sur choc hémorragique », selon le rapport d’autopsie.

Au-delà de l’événement tragique, cet enregistrement témoigne, selon Patrick Pelloux, des graves problèmes dont souffre l’organisation des secours en France. L’urgentiste a rappelé qu’en 1988, on comptait huit millions de passages aux urgences chaque année, contre 21 millions aujourd’hui.

« Les appels au SAMU ont, dans le même temps, plus que triplé. En clair, un Français sur trois passe chaque année par lui, mais nous n’avons pas redimensionné les centres d’appel pour répondre à l’ampleur de la demande », dit-il, dénonçant la mise en place « inacceptable » de « véritables “call centers” ».

Et la conséquence pour les patients est directe : leur prise en charge s’est« fortement dégradée », assure le président de l’AMUF, qui a insisté sur les risques accrus de « faire une erreur, comme cela semble le cas dans l’exemple de Strasbourg ». Si l’enquête devra, selon lui, établir les fautes, M. Pelloux a également souligné qu’il faudrait déterminer depuis combien de temps l’opératrice travaillait, et le nombre d’appels qu’elle avait reçus auparavant. Mercredi, la direction des hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS) a annoncé la suspension « à titre conservatoire » de l’opératrice.

« On a des soignants épuisés, stressés, en burn-out, qui deviennent détachés de la souffrance du patient », a dit M. Pelloux, appelant le ministère à « recruter massivement du personnel dans les centres de régulation ».

Dans un communiqué commun, l’AMUF et SAMU urgences de France (SUDF) ont demandé mardi « un rendez-vous immédiat » avec la ministre de la santé « pour trouver des solutions aux problèmes de régulation médicale afin qu’un tel drame ne se reproduise pas

 

 

Le 22 Mai la CGT solidaire de la grève des agents de la Fonction publique

Le 22 mai prochain sera la troisième journée de mobilisation par la grève dans la Fonction publique. La question des services publics, de leur développement, de leur efficacité pour répondre aux besoins, de leur accessibilité aux populations sur l’ensemble du territoire est bien un des enjeux posés dans la période. Cela va de pair avec l’amélioration des conditions de travail et la reconnaissance de celles et ceux qui les exercent et les mettent en œuvre. C’est aussi le sens des mobilisations actuelles des salariés de la SNCF, des électriciens, des gaziers, des postiers, des personnels des EHPAD et plus largement de la santé.

Les Organisations syndicales ne partagent pas les objectifs poursuivis par le Gouvernement consistant à réduire le périmètre de l’action publique avec la perspective d’abandon, voire de privatisation de missions publiques et, à la clé, un plan massif de 120 000 suppressions d’emplois.

Le 22 mai, il s’agit de gagner le dégel de la valeur du point d’indice (actuellement de 4,6860 Euros brut), la revalorisation des grilles de classification, l’arrêt des suppressions d’emplois et la création de postes dans les nombreux services qui en ont besoin, la titularisation des contractuels et la résorption de la précarité.

La CGT appelle les usagers et les personnels à se mobiliser de nouveau massivement lors de cette journée !

Suppression de « l’exit-tax » : les cadeaux aux patrons ça suffit !

Comme si tous les cadeaux accordés aux riches et surtout aux financiers depuis de nombreuses années et notamment depuis l’élection d’Emmanuel Macron n’étaient pas suffisants pour confirmer la bienveillance du pouvoir en place à leur endroit, le président de la République leur offre un nouveau cadeau : la suppression de « l’exit tax ».Instaurée sous la présidence de Nicolas Sarkozy, cette taxe vise à empêcher les propriétaires des entreprises qui profitent largement de nombreuses exonérations fiscales et sociales, de quitter la France. Une telle mesure est appliquée dans de nombreux pays, parmi lesquels les Etats-Unis d’Amérique, terre du libéralisme économique.Le fait que la décision d’Emmanuel Macron fasse la couverture du magazine des milieux d’affaires américains Forbes n’est pas anodin. Par cette opération, le président de la République veut surtout confirmer son attachement aux dogmes libéraux et financiers.

Selon le Conseil des prélèvements obligatoires, l’exit tax a rapporté quelque 800 millions d’euros dans les caisses de l’État en 2016. Ces millions s’ajoutent aux 3 milliards d’euros de la suppression de l’impôt sur la fortune (ISF), sans parler d’autres milliards dont profitent les riches et surtout les plus riches sous forme d’exonérations et d’abattements divers et variés.

Au nom de la réduction de la dette mais, en fait, pour affaiblir notre modèle social et nos services publics, le gouvernement réduit les dépenses utiles. En même temps, il multiplie les cadeaux aux riches. Il est temps de mettre fin à cette situation scandaleuse. Contrairement à ce que prétendent le président de la République et son gouvernement, ces cadeaux ne font ni l’emploi ni l’investissement. Ils enrichissent encore plus une minorité et augmentent les inégalités sociales. Il faut utiliser les fonds publics qui émanent des impôts payés par les contribuables, pour répondre aux besoins dans les hôpitaux, à l’école, dans les universités, etc.

Précisons que la TVA, cet impôt injuste acquitté au même taux par tous les consommateurs quel que soit leur revenu, rapporte deux fois plus que l’impôt sur le revenu. C’est dire que ces cadeaux accordés sont davantage financés par les 153 milliards de recettes de la TVA que par les 73 milliards de l’impôt sur le revenu ou les 25 milliards de l’impôt sur les sociétés.

La CGT affirme une nouvelle fois qu’il faut mettre à plat toutes les aides et exonérations sociales et fiscales et qu’il faut procéder à une réorientation des politiques publiques en évaluant notamment les besoins criants en matière de services publics. La suppression des cadeaux aux plus aisés et des exonérations inutiles, voire perverses, permettra de dégager des dizaines de milliards d’euros pour accroître les moyens dans les services publics y compris pour renforcer le contrôle fiscal, répondre aux besoins sociaux et renforcer le potentiel productif du pays.

 

 

Les dix stratégies de manipulation de masse que nous subissons

1/ La stratégie de la distraction

Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes.

Mais qui va gagner The Voice ??

La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique. «
Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle.

Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser; de retour à la ferme avec les autres animaux. » Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

2/ Créer des problèmes, puis offrir des solutions

Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter.

Par exemple: laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté.

Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

3/ La stratégie de la dégradation

Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans.

C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles (néolibéralisme) ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution s’ils avaient été appliqués brutalement.

4/ La stratégie du différé

Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu.

5/ S’adresser au public comme à des enfants en bas âge

La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-âge ou un handicapé mental.

Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ? « Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans ». Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

6/ Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion

Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus.

De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

7/ Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise

Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage.

« La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être la plus pauvre, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

8/ Encourager le public à se complaire dans la médiocrité

Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

9/ Remplacer la révolte par la culpabilité

Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts.

Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…

10/ Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes

Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.

 

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