Décret sur les urgences : Buzyn met la en danger la population

Une fois de plus, l’argument de la démographie médicale est utilisé pour dégrader le fonctionnement des services d’urgences dans les hôpitaux de proximité. En fait il s’agit comme toujours de faire des économies.

De quoi s’agit-il ? Ce décret autorise la présence d’un seul et unique médecin la nuit et peut-être la journée pour assurer à la fois les sorties du SMUR et l’accueil aux urgences. Quand le médecin est parti avec le SMUR, parfois pour plusieurs heures, il est prévu de laisser seulement une infirmière aux urgences qui devra attendre l’arrivée d’un médecin d’astreinte qui peut ne pas être urgentiste et sans qu’un délai d’arrivée de ce dernier ne soit précisé dans le décret.

Il s’agit clairement d’un fonctionnement dégradé qui peut mettre en danger les patients. En effet, la Ministre utilise une arithmétique simpliste qui ne correspond pas à la réalité de la médecine d’urgence. Le seul critère du nombre de passages la nuit est utilisé, sans considérer le temps de prise en charge du patient, qui est très variable selon la gravité du cas. Un seul patient peut par exemple mobiliser un médecin pendant plusieurs heures avant d’organiser son transfert dans un hôpital disposant du plateau technique nécessaire.

Par ailleurs cette logique est en contradiction complète avec la notion se service de « garde » d’urgences : le médecin avec l’équipe soignante n’est pas là pour voir des patients en continu, mais il est là « au cas où » une urgence potentiellement vitale se présente. Les normes professionnelles de qualité et de sécurité prescrivent la nécessité que tout citoyen soit à moins de 30 minutes d’un service d’urgence par un moyen de locomotion terrestre. A la suite des fermetures massives d’hôpitaux ces 20 dernières années, il ne reste plus que 650 services d’urgences en France , ce qui ne permet plus de respecter partout ce critère et est source d’inégalité de traitement de la population en fonction de son lieu de résidence sur le territoire. Cet élément est important, car il s’agit d’un droit constitutionnel qui est bafoué par nos gouvernants !

Ce qui est grave, c’est qu’avant même la publication du décret, certaines Agences régionales d’hospitalisation, comme celle de Bourgogne-Franche-Comté, ont déjà engagé le processus dans plusieurs hôpitaux de la région, comme celui emblématique de Clamecy.

La publication de ce décret ouvre la porte à une aggravation de la désertification sanitaire dans des territoires déjà très malmenés. Cette situation est inacceptable.

Nous demandons solennellement à la Ministre d’annuler ce décret qui met gravement en danger la population et imposent des conditions d’exercice inacceptables pour les médecins et les personnels soignants intéressés.

La Fédération CGT de la santé et de l’action sociale se donnera tous les moyens, y compris judiciaires, avec les personnels, les citoyens et les élus locaux pour que la population puisse bénéficier d’un réseau de services d’urgence de proximité dans les territoires, fonctionnant en toute sécurité, avec des médecins présents en nombre suffisant 24h sur 24.

Imprimer cet article Télécharger cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *