Motion de solidarité de l’UFAS CGT pour la Palestine

Alors que l’État d’Israël célébrait le 14 mai 2018 ses 70 ans d’existence, une manifestation pacifique à laquelle participaient des dizaines de milliers de Palestiniens, a été réprimée par des tirs à balles réelles de militaires israéliens positionnés à la frontière, causant 60 morts et 2 400 blessés pour cette seule journée.
L’État d’Israël est aujourd’hui une réalité. Sa création en 1948 a été accueillie avec espoir, après le génocide des Juifs d’Europe perpétré par le régime nazi. Mais elle s’est accompagnée d’une dépossession de leurs terres, de leurs maisons, pour des centaines de milliers de Palestiniens.
L’occupation par Israël à partir de 1967, de territoires situés en dehors de ses frontières internationalement reconnues, aggrave la situation du peuple palestinien, soumis à une tutelle militaire omniprésente, à de multiples restrictions à la liberté de circuler, de construire, aux vexations quotidiennes, à l’enfermement à ciel ouvert pour celles et ceux vivant dans la bande de Gaza.
L’occupation est aussi l’une des principales causes d’accumulation de frustrations et de tensions dans tout le Proche-Orient avec des répercussions dans le monde entier.
Une nouvelle fenêtre d’espoir s’était ouverte sur la décolonisation et la paix quand, il y a 40 ans, l’institution représentative des Palestiniens a commencé à revendiquer la création d’un État palestinien sur les seuls territoires occupés par Israël après 1967, dans le respect des résolutions de Nations Unies, soit 22 % de la Palestine historique.
C’est ce principe qui faisait l’objet du processus d’Oslo en 1993.
Malheureusement, l’accentuation de la colonisation de peuplement, l’occupation totale et l’annexion de Jérusalem/Al Qods par Israël, l’assignation du peuple palestinien à des espaces de plus en plus réduits par la présence des colonies et du mur colonial, les incursions répétées et violentes de l’armée israélienne dans les localités et camps de réfugiés palestiniens, les bombardements massifs de Gaza de 2009 et 2014 ,et aujourd’hui les tirs de snipers de Tsahal rendent de plus en plus improbable la perspective d’une coexistence des deux États.
Pour autant, l’hypothèse d’un seul État binational est encore plus aléatoire et heurte les aspirations nationales des deux peuples.
Enfin, la décision unilatérale des États-Unis de transférer son ambassade à Jérusalem, tout en reconnaissant celle-ci comme la Capitale unifiée de l’État d’Israël, annihile tout espoir d’une paix juste et équilibrée et vient renforcer l’instabilité d’une région qui est en proie à la guerre, avec des conséquences incalculables sur la paix internationale.
C’est pourquoi, la commission exécutive de l’U.F.A.S. C.G.T. :

Exprime sa plus vive indignation devant les massacres perpétrés à Gaza.

-Se prononce pour une solution à deux États dans les frontières de 1967, avec Jérusalem/Al Qods comme capitale commune.

– Demande que cesse tout amalgame entre la juste dénonciation de la politique israélienne et les manifestations d’antisémitisme, que l’U.F.A.S. C.G.T. combat avec la plus grande fermeté.

– Demande que le Président de la République et le gouvernement français agissent en faveur d’une conférence internationale en charge du règlement du conflit sur la base des résolutions de l’ONU, avec l’Union Européenne.

– Demande que l’appel à la raison et au respect du droit par l’État israélien s’accompagne de sanctions économiques, à commencer par la suspension de l’accord d’association UE/Israël conformément à la résolution en ce sens du Parlement européen en date du 10 avril 2002.

– Demande que le Président de la République reconnaisse officiellement, dans les meilleurs délais, l’État de Palestine comme l’ont fait 137 États dans le monde et conformément au vote de l’Assemblée Nationale du 2 décembre 2014.

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