« REMUE MÉNINGE » bulletin d’information mensuel JUIN 2018

Place de parking pour le personnel : au CHU comme à Esquirol même combat

Depuis  des mois, nous alertons notre Direction des difficultés que rencontre le personnel pour se garer parking Curie et au pôle PU2PA. Nous avons de nouveau abordé le sujet lors de la Commission des travaux du 15 Mai. La réponse d’un membre de la Direction est fidèle à la considération qu’elle a des salariés et de la Qualité de vie au travail : «  Ce n’est pas possible. » Elle envisage que les agents trouvent des solutions autre pour se rendre à leur travail comme « le covoiturage et le vélo » ! Au CHU la solution est « de prendre les transports en commun » ! On va bientôt nous proposer la randonnée pédestre voire la charrette à âne !

Il est facile et méprisant de tenir un tel discours quand on a un logement de fonction au sein de l’établissement et une place privative pour se garer. La CGT reposera le problème en CHSCT.

CHS de ROUVRAY : des accords trouvés mettant un terme à la grève de la faim !

Après 18 jours de grève de la faim, la direction de l’agence régionale de santé a concédé une partie des revendications des personnels du centre hospitalier de Rouvray, près de Rouen. Ceux-ci ont décidé la reprise du travail en assemblée générale, ce vendredi 8 juin.

Le 21 mai dernier, à la veille du début de la mobilisation cheminote, des travailleurs de l’hôpital psychiatrique de Rouvray se sont mis en grève de la faim, revendiquant l’ouverture de postes supplémentaires. Le 8 juin, jour où l’accord a été signé, ce sont 7 personnels qui avaient cessé de s’alimenter. L’agence régionale de santé (ARS) de Normandie a concédé l’embauche de 26 personnes, contre 52 revendiquées par les grévistes. Une demande qui avait déjà été revue considérablement à la baisse face au silence criminel de l’ARS puisque le conflit, débuté le 22 mars, exigeait à la base l’embauche de 197 personnes.

Une demande vitale pour les personnels du centre hospitalier. En effet, l’augmentation de la demande de soins se heurte quotidiennement à la baisse des budgets et à une gestion de plus en plus entrepreneuriale imposée par l’administration, comme dans les hôpitaux (suppression de postes, restrictions budgétaires, tarification à l’acte, etc.). Un manque structurel de moyens humains et matériels qui a des conséquences dramatiques, tant sur les conditions de travail du personnel, que d’accueil des patients. Une question très sensible chez les grévistes, à bout d’être contraints de renier leurs convictions dans le traitement des personnes malades, faute de moyens.

C’est donc suite à un conflit long et héroïque, qui coûta l’hospitalisation de quatre grévistes de la faim, que les personnels réussirent à arracher une concession à l’agence régionale de santé de Normandie, notamment grâce à la médiatisation qu’a connu le conflit. On songera à la grande visibilité de la vidéo de Konbini, visionnée plus de trois millions de fois. Si l’issue est soulageante pour les personnels qui ont voté à la majorité une reprise du travail suite à la proposition de l’ARS, ils ont assuré qu’ils n’en avaient pas fini de se mobiliser pour faire valoir leur droit et celui des patients à la dignité, 26 nouveaux postes étant très loin de répondre aux besoins, non seulement matériels, pour lesquels aucune concession n’a été faite, mais y compris humains.

Comme l’a souligné Bruno, gréviste de la faim : « il faut que ça essaime, que partout les gens refusent de baisser la tête et se fédèrent. Ensemble on peut faire beaucoup de choses ! ». Après le vote en assemblée ratifiant la décision de se réalimenter, le message des slogans et des interventions de personnels auprès des journalistes était on ne peut plus clair : « restons unis, soudés, organisons nous », « ce n’est pas une fin aujourd’hui c’est qu’un début », « hôpitaux cheminots, même combat ». Cheminots qui étaient par ailleurs venus les soutenir le premier juin, dans une démarche de convergence, nécessaire plus que jamais pour mettre fin à la casse généralisée du service public, et obtenir des moyens à la hauteur des besoins.

Décret sur les urgences : Buzyn met la population en danger

Une fois de plus, l’argument de la démographie médicale est utilisé pour dégrader le fonctionnement des services d’urgence dans les hôpitaux de proximité. En fait, il s’agit de faire des économies comme toujours. Ce décret autorise la présence d’un seul et unique médecin la nuit et peut-être la journée pour assurer à la fois les sorties du SMUR et l’accueil aux urgences. Quand le médecin parti avec le SMUR, parfois pour plusieurs heures, il est prévu de laisser seulement une infirmier.ère aux urgences qui devra attendre l’arrivée d’un médecin d’astreinte (pas forcément un urgentiste) et sans précision de son délai d’arrivée dans le décret. Il s’agit clairement d’un fonctionnement dégradé qui peut mettre en danger les patient.e.s. En effet, la Ministre utilise une arithmétique simpliste qui ne correspond pas à la réalité de la médecine d’urgence. Le seul critère du nombre de passages la nuit est utilisé, sans considérer le temps de prise en charge du/de la patient.e, qui est très variable selon la gravité du cas. Un.e seul.e patient.e peut, par exemple, mobiliser un médecin pendant plusieurs heures avant d’organiser son transfert dans un hôpital disposant du plateau technique nécessaire. Par ailleurs cette logique est en contradiction complète avec la notion de service de « garde » d’urgence : le rôle du médecin et de l’équipe soignante des urgences n’est pas de gérer l’hospitalisation continue mais de surveiller la potentielle urgence vitale. Les normes professionnelles de qualité et de sécurité prescrivent la nécessité que tout.e citoyen.ne soit à moins de 30 minutes d’un service d’urgence par un moyen de locomotion terrestre. A la suite des fermetures massives d’hôpitaux ces 20 dernières années, il ne reste plus que 650 services d’urgence en France, ce qui ne permet plus de respecter sur tout le territoire ce critère et provoque des inégalités de traitement de la population en fonction de son lieu de résidence. Cet élément est important, car il s’agit d’un droit constitutionnel qui est bafoué par nos gouvernants ! Ce qui est grave, c’est qu’avant même la publication du décret, certaines Agences Régionales Santé, comme celle de Bourgogne-Franche-Comté, ont déjà engagé le processus dans plusieurs hôpitaux de la région, comme celui de Clamecy. La publication de ce décret ouvre la porte à une aggravation de la désertification sanitaire dans des territoires déjà très malmenés. Cette situation est inacceptable. Nous demandons solennellement à la Ministre d’annuler ce décret qui met gravement en danger la population et impose des conditions d’exercice inacceptables pour les médecins et les personnels soignants intéressés. La Fédération CGT de la santé et de l’action sociale se donnera tous les moyens, y compris judiciaires, avec les personnels, les citoyens et les élus locaux pour que la population puisse bénéficier d’un réseau de services d’urgence de proximité dans les territoires, fonctionnant en toute sécurité, avec des médecins présents en nombre suffisant 24 H sur 24.

Pratique Avancée des Infirmières : qu’est-ce que c’est ?

Les infirmiers, pourraient, selon des modalités à établir ultérieurement par voie de décret, assurer des consultations propres, suivre des patients atteints de pathologies chroniques, et même prescrire certains traitements.

LA CGT A VOTÉ CONTRE L’ENSEMBLE DES TEXTES CONCERNANT L’INFIRMIER.E EN PRATIQUE AVANCÉE (IPA) AU HAUT CONSEIL DES PROFESSIONS PARAMÉDICALES DU 16 MAI 2018

La CGT a refusé de signer un chèque en blanc à la DGOS pour la mise en place de la pratique avancée pour les      infirmier.e.s.
Si certaines remarques émises par nos représentants ont bien été prises en compte, le compte n’y          est          pas !
La faiblesse de la reconnaissance d’un véritable statut des infirmières.e.s en PA invalide d’emblée ce projet. Aucune garantie quant au niveau de rémunération au regard de l’accroissement des compétences et de la responsabilité professionnelle engagée n’est donnée.
Le défaut de présentation d’un déroulement de carrière en rapport avec la reconnaissance de la qualification est regrettable. Les référentiels d’activités et de compétences présentés sont d’un niveau étudiant.e en IFSI. En cas d’arrêt des études à la fin de la première année, aucune précision sur une reconnaissance du niveau d’étude.
L’absence d’information sur l’articulation de l’autorité hiérarchique entre les IPA et les cadres paramédicaux de santé est rédhibitoire.
La volonté d’écarter l’ensemble des infirmier.e.s spécialisé.e.s de l’exercice en PA est manifeste.
La possibilité d’enchaîner la formation IPA immédiatement après l’obtention du DE infirmier ne permettra pas pour autant la possibilité d’un exercice en pratique avancée. Trois ans d’exercice professionnel seront nécessaires avant d’y prétendre. La durée du cursus de formation sera donc de 8 ans et la valorisation salariale décalée d’autant. Inacceptable !
La CGT a demandé :
–  La revalorisation générale de tous les salarié.e.s du champ de la santé et, dans ce cadre particulier, de l’ensemble de la filière infirmière (ISG, IDE spécialisé.e.s et cadres paramédicaux de santé).
–  La reconnaissance d’un véritable statut.
– Une modification de l’Arrêté du 24 mars 2017 relatif aux modalités d’admission directe en deuxième ou troisième année des études médicales, odontologiques, pharmaceutiques ou de sage-femme pour les professionnels paramédicaux, au regard du haut niveau de qualification des IDE. Il nous a été indiqué en séance que cette application était tout à fait exceptionnelle.
La CGT est opposée à la programmation trop précipité des études d’infirmier.e.s en pratique avancée (IPA) dès septembre 2018. Ce d’autant plus que les IPA serviront de « modèle » ou de fil traceur pour les autres filières paramédicales.
L’empressement de certaines directions de CHU à mettre en oeuvre la pratique avancée en dit long sur leur volonté de disposer d’un personnel hautement qualifié à prix cassé !

Salaire au mérite des fonctionnaires : Macron attaque de nouveau les rémunérations

C’était justement l’une des promesses de campagne d’Emmanuel Macron : la fameuse rémunération des fonctionnaires au mérite. Et voilà que le gouvernement ouvre aujourd’hui la première phase d’une concertation avec les organisations syndicales. Un chantier qui s’annonce difficile, pour ne pas dire électrique. Il vient après une série d’annonces autour de plans de départs volontaires d’agents de la fonction publique, d’extension du recours aux contractuels et puis de gel prolongé du point d’indice.

Globalement, les fonctionnaires ont perdu 8 à 10 % de leur pouvoir d’achat ces dernières années. Pour la CGT le combat à mener reste les augmentations de salaire !

La CGT a toujours refusé ce pseudo salaire au mérite qui met en concurrence les agents et dévoie notre statut. Cette mesure annoncée par le gouvernement est aux antipodes du principe même de la Fonction Publique qui assure l’égalité pour tous, fonctionnaires et usagers.

La dangerosité de cette mesure réside dans le fait que les « critères du mérite » n’ont toujours pas été définis. Qui va être méritant et qui ne va pas l’être ? Cela laisse le champ libre à toutes les possibilités.

Les expériences antérieures ont montré que ce salaire au mérite, testé dans la Fonction Publique Territoriale, a créé des inégalités salariales importantes entre les agents.

Autre danger de cette mesure, l’usager n’est plus considéré comme tel mais comme un client du service public qui jugera l’efficacité du service public et sa performance.

Les attaques multiples et variées contre la Fonction Publique ont dégradé de manière considérable le service rendu aux usagers. Dans la Fonction Publique Hospitalière, les baisses des budgets des hôpitaux, la T2A, la suppression de services de proximité, de lits, de personnels ont rendu les conditions de travail épouvantables et les réponses aux besoins des usagers ont été réduites à peau de chagrin.

Comment dans un EHPAD, un centre hospitalier pourra-t-on juger du mérite d’un agent ? Le travail que nous devons effectuer chaque jour auprès des patients ou résidents est inquantifiable tant en terme économique qu’en terme de performance !

Pour la CGT, la lutte continuera pour exiger de vraies augmentations de salaire et un service public de qualité pour tous.

 

Retrouvez tous les actus CGT ainsi que vos droits

sur le site internet : CGT CH ESQUIROL LIMOGES

Ou sur facebook : CGT Esquirol Limoges

Permanences syndicales du lundi au vendredi de 9h

Imprimer cet article Télécharger cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *