Suppression du concours d’entrée dans les IFSI: les futur-es IDE soumis à Parcoursup!

Les inscriptions pour les études en IFSI (instituts de formation en soins infirmiers) se feront désormais sur Parcoursup pour l’année 2018/2019. Une décision qui fait partie d’un processus d’ »universitarisation » des études de santé, initié par les ministères de la santé et de l’enseignement supérieur.

Qui est à l’origine de ce projet ? la FNESI Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers qui a formulé cette proposition.

Un changement radical dans l’univers de la formation des infirmiers et infirmières. Il s’agit de faire entrer directement les infirmiers dans le cursus classique universitaire, comme on l’a vu pour les kinés, et les sages femmes. Une manière détournée de supprimer toute sélection à l’entrée dans la filière.

Beaucoup de questions et pour l’instant aucune réponse

Aujourd’hui, le concours d’admis­sion en Institut de Formation en Soins Infirmiers com­porte trois épreuves :
- 2 épreuves écrites d’admis­si­bi­lité : 3 ques­tions sur un texte d’1 à 2 pages rela­tif au domaine sani­taire et social (2 heures) + tests d’apti­tude (2 heures). Si la moyenne des 2 notes est supé­rieure ou égale à 20/40 et pas de note infé­rieure à 8/20, accès à l’épreuve d’admis­sion.
- une épreuve orale d’admis­sion : exposé sur un thème sani­taire ou social suivi d’un échange avec le jury (10 minu­tes de pré­pa­ra­tion, 30 minu­tes d’entre­tien).

L’an pro­chain, le concours devrait dis­pa­raî­tre, au profit d’une ins­crip­tion sur Parcours sup, avec en plus un entre­tien moti­va­tion­nel.

1) Questions rela­ti­ves à la sup­pres­sion du concours

Habituellement l’ouver­ture du concours démarre en décem­bre :
- pour 2019 à quel moment l’infor­ma­tion sera t-elle faite aux can­di­dats ? Par qui ? Comment ?
- cri­tè­res de sélec­tion sur dos­sier ? Réflexion natio­nale ? Propre à chaque ins­ti­tut ? Logiciel ? Logarithme ?
- condi­tions maté­riel­les d’accès à la pla­te­forme par­cours sup ? Formation des uti­li­sa­teurs ? Acquisition logi­ciel ? Financement ? Cahier des char­ges ? Dans quel délai ?

Mise en place de l’entre­tien moti­va­tion­nel
- Selon quel sup­port ? Critères natio­naux ? Propre à chaque ins­ti­tut ? À quel moment ? Impact sur les orga­ni­sa­tions actuel­les ? Modalités défi­nies règle­men­tai­re­ment ?
- Fonctions pro­fes­sion­nel­les des mem­bres assu­rant les entre­tiens défi­nies règle­men­tai­re­ment ?
- Durée d entre­tien ? Financement des entre­tiens ? Par qui ?

- impact sur le budget ins­ti­tut car concours génère des recet­tes ? Si mon­tant défini par qui (région, minis­tère) ?

- impact de l’absence de concours et de liste prin­ci­pale et com­plé­men­taire dans la ges­tion de la liste de pro­mo­tion de primo entrants ?
- Existence des 2 listes permet de cons­ti­tuer une pro­mo­tion en tenant compte des prises en charge finan­cière effec­tive ou non par la région ou OPCA ou employeur
- l inten­tion du bac ou non l affec­ta­tion du can­di­dat sur un autre vœu d orien­ta­tion prio­ri­taire ?
- même si main­tien d ’un jour de ren­trée et de quota impact sur la liste des effec­tifs défi­ni­tifs sachant la mobi­lité pos­si­ble en fac ou ins­ti­tuts écoles de for­ma­tions autres sur le mois de sep­tem­bre ?
- de fait inci­dence sur les départs en stage pré­coce en semes­tre 1 et véri­fi­ca­tion de confor­mité vac­ci­nale des primo entrants préa­la­ble à l affec­ta­tion en for­ma­tion cli­ni­que ?
- ques­tion­ne­ment sur per­ti­nence du main­tien du stage de semes­tre 1 vu les contrain­tes et la mobi­lité pos­si­ble durant le 1er mois
- risque accru de ne pas avoir les quotas atteints ? Quels leviers iden­ti­fiés pour pal­lier à cela ?
- notion de report de for­ma­tion pour défaut de finan­ce­ment tou­jours d’actua­lité ?

2) Typologies de can­di­dats

Candidats rele­vant de dis­pen­ses de for­ma­tion arti­cle 33 (sage-femme) 34 (méde­cins) etc….main­tien d épreuves de sélec­tion ?

Liste 2 AS-AP
Maintien des épreuves de sélec­tion avec 20 % du quota primo entrant ?

Liste 1 de droit commun : qui s ins­crit sur par­cours sup ?
- lycéen en ter­mi­nale ?
- Bachelier sui­vant une prépa ? Définir la nature des prépas
- étudiants ayant démarré un cursus uni­ver­si­taire, post bac pro­fes­sion­nel ?
- pro­mo­tion pro­fes­sion­nelle ? Si oui com­ment ? Si non qu’elles moda­li­tés ? Épreuves ? De type ?
- reconver­sion pro­fes­sion­nelle ? Si oui com­ment ? Si non quel­les moda­li­tés ? Épreuves ? De type ?
- Demandeur d emploi ? Si oui com­ment ? Si non qu’elles moda­li­tés ? Épreuves ?
- impact avec les finan­ceurs ? Employeurs ? OPCA

3) Concernant la pla­te­forme par­cours sup

- Comment les IFSI seront réfé­ren­cés ? Par qui ? Comment ?
- le pos­tu­lant choisi nomi­na­ti­ve­ment un ifsi ?
- fait il des vœux de prio­ri­tés ?

- pou­vons nous avoir une idée plus concrète et prag­ma­ti­que de l ’échéancier exis­tant pour les struc­tu­res uti­li­sant cet outil ?
- Les res­sour­ces humai­nes mobi­li­sées pour cette ges­tion ?
- Les res­sour­ces logis­ti­ques et maté­riel­les néces­sai­res ?

La CGT Éduc’action dresse un premier bilan — catastrophique — de la plateforme Parcoursup. Malheureusement, les craintes de la CGT se confirment, avec des élèves angoissés et des classes populaires sacrifiées, dans le cadre d’un système de plus en plus élitiste. Par conséquent, la CGT Éduc’action exige l’ouverture de places nécessaires en Licence, ainsi que l’abrogation de la loi ORE (orientation et réussite des étudiants) et des projets de réformes des lycées.

Les premiers résultats sont pires que prévus. Le 22 mai, la moitié des 810 000 élèves inscrits sur la plateforme n’avaient aucune réponse positive à leurs vœux ! Par ailleurs, 29 000 n’ont que des réponses négatives. Depuis, le nombre d’élèves sans réponse positive diminue mais ces derniers resteront extrêmement nombreux cet été et en septembre, très angoissant pour des élèves qui devraient plutôt être concentré sur le Baccalauréat. Combien d’élèves, dégoûtés par ce système et confrontés à des propositions inacceptables, renonceront pour cette rentrée ?

Par ailleurs, les classes populaires sont les grandes sacrifiées de cette réforme. Les remontées de terrain démontrent que les élèves en attente sont surreprésentés dans les établissements des quartiers populaires. La multiplicité des algorithmes locaux aux critères de sélections opaques, intégrant parfois les codes postaux des élèves, accentue de fait ce tri social.

Combiné à la réforme des lycées, la loi Vidal et la mise en place de Parcoursup sonnent l’avènement de la vision la plus libérale de l’école, celle de la concurrence généralisée : entre élèves avec la sélection, entre lycées dont la réputation influera sur la poursuite des études, et entre universités, où les plus demandés auront la faculté de choisir leurs élèves (et bientôt leurs frais d’inscription).

Par conséquent la CGT Éduc’action exige l’ouverture immédiate des places nécessaires en licence pour satisfaire toutes les demandes des élèves avec la possibilité de classer leurs vœux, l’abrogation de la loi ORE (orientation et réussite des élèves) et de la plateforme Parcoursup, ainsi que l’abandon des réformes des lycées.
Comme le précise Marie Buisson, secrétaire générale de la FERC-CGT :

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