Le 15 Novembre 2018: mobilisation pour la psychiatrie à Limoges

Le fossé s’est creusé entre les besoins de la population et les moyens dont nous disposons pour y faire face. Les mesures d’austérité que nous inflige le gouvernement entraînent des fusions de secteurs, l’intégration de la psychiatrie dans les Groupements
hospitaliers de territoires se traduisant par des suppressions de lits, des fermetures d’unités d’hospitalisation et de structures extra-hospitalières tels que les Centres médico-psychologiques…

La dégradation des conditions de travail des agent.e.s et salarié.e.s
de la psychiatrie qui ne voient aucune cohérence dans la politique de
santé actuelle se traduit par de nombreuses luttes locales pour
défendre l’amélioration de la prévention, de l’accueil, de l’accompagnement et du suivi des patient.e.s, passant par
la nécessité d’augmenter les effectifs en personnel qualifié
pour une prise en charge pluridisciplinaire de qualité.
La psychiatrie privée est, elle aussi, en grande souffrance !
La politique de restrictions budgétaires menée dans les établissements a des conséquences sur l’accueil et l’accompagnement des patient.e.s. Elle suscite inquiétude, parfois
désarroi, et génère de la souffrance auprès de celles-ceux-ci. Les patient.e.s sont les premières victimes d’un système de soins
qui s’éloigne et se délite devant elles-eux. Le sentiment d’abandon, d’incompréhension ainsi que la perte de sens est aussi généralisée
auprès des professionnel.le.s sur le terrain qui, souvent, relaient des difficultés mais ne se sentent pas entendu .
Face à cette régression infligée aux patient.e.s comme aux soignant.e.s, la solidarité est notre seule arme

Les dernières annonces faites par Madame Buzyn, Ministre des solidarités et de la santé, notamment sur la volonté du gouvernement d’intégrer la psychiatrie dans les hôpitaux généraux sont vécues comme une provocation. Solution, selon elle, pour « moderniser» et «valoriser » la psychiatrie qu’elle perçoit comme
une discipline trop coûteuse, archaïque et peu efficace. Le discours est immuable : «l’alternative à l’hospitalisation, l’orientation vers le médico-social, les économies etc. » sont les seuls indicateurs de cette politique même si cela doit se faire au détriment de la santé des personnels et des populations les plus fragiles et les plus défavorisés de notre pays. Rappelons la malhonnêteté de cette argumentation, car l’activité de la psychiatrie est historiquement fondée sur une prise en charge globale du patient qui s’effectue déjà
à presque 80% en ambulatoire. De plus, la psychiatrie, par son organisation en secteur géographique, permet un maillage sur tout le territoire de la population. Cette notion est essentielle, elle devrait au contraire inspirer toutes les autres disciplines dans le secteur de la santé et de l’action sociale, car elle permet une prise en charge
au plus près des patient.e.s et de leur famille.

L’accessibilité, la prévention, la proximité, la qualité de la prise en charge et la gratuité des soins par la poursuite d’une forte politique de secteur est le gage d’une prise en charge « moderne et ambitieuse » pour la psychiatrie !

Le plan «ma santé 2022 » qui s’est fait sans concertation avec les organisations syndicales représentatives des personnels,
n’aborde pas les enjeux et les moyens nécessaires à allouer à la psychiatrie. Il est à déplorer que la politique de ce gouvernement se limite à la gestion des faits divers et de la période de crise alors qu’il
faudrait en urgence un plan et une loi spécifique afin de déterminer des objectifs et des moyens nécessaires à leur mise en œuvre

La CGT a des propositions pour une psychiatrie respectueuse d’une prise en charge globale de qualité des patients
passant par l’amélioration des conditions de travail des personnels.

  • Un plan d’urgence spécifique à la psychiatrie
    afin de répondre aux besoins de la population
    au plus près des patient.e.s comprenant :
  • l’arrêt du démantèlement de la psychiatrie (fermeture
    de structures, de lits et suppressions de postes).
  • le financement d’effectifs suffisants pour assurer des
    soins de qualité et la sécurité des patient.e.s et des soignant.e.s
  • des formations initiales adaptées à la psychiatrie.
  • La reconnaissance de la pénibilité de nos
    métiers avec un départ anticipé à la retraite
  • Amélioration des conditions de travail des
    personnels passant par des consultations, concertations, négociations obligatoires avec ceux-ci et les organisations syndicales qui les représentent.
  • Augmentation du point d’indice pour une vraie revalorisation de nos salaires
  • Concernant plus spécifiquement les infirmier.e.s, nous refusons de payer pour travailler ! La CGT est contre les ordres professionnels!

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Une réaction

  1. je trouve vos articles super et je vois que votre courage ne faiblit pas face au « vent du boulet » Macron and co
    dommage que j ai pas su pour le 15 ,je vous aurez rejoins
    j etais un peu déconnectée ces derniers temps mais le mouvement des gilets jaunes me redonnent du moral ,
    Même si c est en dehors des orga c est une révolte que je trouve juste et très populaire,je ne comprend pas que la CGT ne s’y engage pas laissant la place à des récupérations d extrème droite.

    bise à vous

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