» DANS LES FORETS DE TCHETCHENIE » poème contre l’horreur homophobe

Mon corps était meurtri et je ne pouvais parler
Personne dans ce pays pour me dire qui j’étais
J’ai vu mon reflet dans la Dounja, il m’était étranger
Oh mon frère vas tu les laisser me tuer
Dans les forêts de Tchétchénie ?

J’ai marché jusqu’à ce que mes jambes soient pétrifiées
J’ai entendu les voix de mes amis disparus
La nuit je pouvais écouter mon sang couler
Aussi noir et insidieux que la pluie
Dans les forêts de Tchétchénie

Aucun ange ne pourra-t-il jamais n’accueillir ?
Ce soir mon frère, nous sommes seuls à tenir
L’aube se lèvera ils ne sauront retrouver
Nos deux corps enlacés reposant dans la rosée
Des forêts de Tchétchénie

La nuit est tombée, j’entends les démons dehors
Voici venir les ombres et leur sillage de mort
J’ai mal mon frère, elles me frappent en plein coeur
Mes larmes coulent et je sens que je meurs
Dans les forêts de Tchétchénie

Leur commandant s’est approché de moi
Il a sourit, puis éteint la lumière
Et m’a brûlé le corps avec ses éclairs
Je crie mais personne ne m’écoutera
L’Occident ne peut entendre les cris de la Tchétchénie

L’heure est venue mon frère mais je peux une dernière fois
Te caresser, te sentir blotti contre moi
Avant que la haine et l’ignorance ne nous séparent
Nous garderons cette image gravée dans notre mémoire
Dans les forêts de Tchétchénie

Fabien SAEZ

Dernièrement, la « République » de Tchétchénie, dont le « président » Ramzan Kadyrov est un fervent soutien de Vladimir Poutine, a arrêté, torturé, voire dans certains cas tué plus de 100 personnes soupçonnées d’homosexualité.

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