GM&S: le combat continue toujours!

Les premières lettres de licenciement sont arrivées chez les GM&S


 Mardi 19 septembre 2017, c’est la réalité qui a frappé à la porte des GM&S. En recommandé. Confirmant ce que tous redoutaient quant à la pérennité du site.

« J’aime pas faire ça mais que les salariés licenciés qui ont des enfants lèvent la main, lance Yann Augras. Voilà. Regardez comment on fait des plans sociaux avec tous ceux qui ont des gosses ! »

Ce mardi, les premières lettres de licenciement sont arrivées chez les GM&S. Il y a ceux qui ont le recommandé pour aller le récupérer. Il y a ceux qui ne sont pas rentrés pour ne pas savoir. Il y a ceux qui l’ont. Et même si elles étaient attendues, ce matin, c’est la réalité qui est venue frapper à leur porte. Une réalité par lettre recommandée. Un nouveau coup de massue.

Assemblée générale à la tôlerie.

« Plus une usine, une maison de retraite »

« Moi, j’ai pas reçu de lettre, raconte Gilbert. Je pense qu’ils me gardent mais tu vois, mon petit collègue là-bas : il est jeune, il a des gamins, eh bien lui, ils le virent… Alors forcément, on n’est pas bien.  Comment tu veux reprendre le boulot, toi, quand t’as des potes qui restent sur le carreau ? Je suis indigné, moi. Je vois pas où il est le social dans l’avenir de GMD. »

L’abattement ce mardi.

Dans la cour de l’usine, repris, pas repris ou sans savoir, ils disaient tous la même chose avec cette même colère qui pourrait bien finir par exploser. « Il (Alain Martineau, NDLR) reprend ceux qui sont près de la retraite ou même certains qui voulaient partir, lance l’un des GM&S. Et tous les jeunes, qu’on a formés, qui ont envie, qui ont besoin de bosser comme celui-là qui a cinq gamins et sa femme qui ne travaille pas, on les vire ! Et après on nous parle de pérénité du site ?  »

A la mairie de La Souterraine.

A la mairie de La Souterraine où ils ont décidé de se rendre après une nouvelle assemblée générale, ils n’ont pas dit autre chose que cette détresse au maire de La Souterraine.

L’intervention d’un salarié à la mairie.

« On donne quinze milions à Martineau pour qu’il fasse quoi ? lui lance Patrick Brun. Une maison de retraite ?  On est où, là ? ». « Ce n’est plus une catatrophe économique, c’est une catastrophe sociale qui arrive et ce sera bien pire, enchaîne Vincent Labrousse. C’est pas un numéro vert qui va faire que les gens vont s’en sortir psychologiquement. » « On est très gentils depuis neuf mois mais va falloir que ça change », lance un salarié.

« La supra-légale, c’est pour survivre »

Ils n’ont pas dit autre chose au préfet quand, après plusieurs échanges téléphoniques et sous certaines conditions, Philippe Chopin a accepté de venir les rencontrer à la mairie.

Les lettres arrivées par recommandé.

« On n’attendait pas de réponse de sa part, rapporte Patrick Brun à l’issue de l’entrevue. On lui a expliqué la détresse des salariés. Qu’une reprise à 120, comme celle-là, c’est plus une usine : c’est un Ehpad. Quand Martineau s’engage sur cinq ans, on voit où il veut en venir. Moi, ça me fait mal au ventre de voir partir ces jeunes qui ont des gamins. Quand on demande de la supra-légale, c’est pas pour partir en vacances, c’est pour surivre. Les gars qui partent, ça ne sera pas des pauvres, ça sera des miséreux.  Depuis ce matin, les lettres sont arrivées. C’est la réalité, on est dedans et ça me fout les boules. On ne partira pas comme ça. Martineau, il a l’argent de l’État, des constructeurs et nous, on n’a rien. Rien du tout. Que Monsieur Le Maire revienne pour voir comment elle est, l’usine aujourd’hui. Qu’il vienne voir ses solutions. Cette détresse-là, c’est une affaire d’Etat. Ici, c’est un territoire qui va être rayé de la carte. »

Séverine Perrier

Le documentariste Lech Kowalski, qui filme depuis plusieurs mois le conflit des GM&S, a été placé en garde à vue au commissariat de Guéret mercredi 20 septembre  pour « violence ».

L’heure n’est toujours pas à la reprise chez les GM&S. Mercredi, les salariés manifestaient devant la préfecture de Guéret pour faire pression sur le repreneur afin d’obtenir des indemnités. Comme depuis le début du conflit, le documentariste polonais Lech Kowalski est présent sur les lieux. Il réalise un film pour Arte sur le conflit.

Avec l’intervention de la police, la tension monte et le cinéaste est finalement interpellé pour « rébellion », soupçonné d’avoir été « violent » avec les forces de l’ordre, précise le parquet de Guéret.

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