Solidarité aux sinistrés d’Irma!

La CGT apporte tout son soutien et sa solidarité aux sinistré-es de l’ouragan Irma qui a dévasté les Antilles.

Force est de constater le manque d’anticipation et de gestion de cette catastrophe par l’Etat français.

Depuis plusieurs jours en effet, les secours tardent à arriver, alors que de nombreux habitants sont toujours en attente de besoins de premières nécessités.

Comme le signale Elie Domota, syndicaliste guadeloupéen, il s’agit d’une gestion purement coloniale de la catastrophe : « Prenez l’exemple de la partie hollandaise de Saint-Martin. Les Hollandais avaient déjà un bateau qui mouillait dans la zone caraïbe avant le passage d’Irma. Ils ont deux hélicoptères qui ont pu décoller pour faire de premières évaluations. Dans la partie française de Saint-Martin et à Saint-Barthélémy, il a fallu attendre l’arrivée d’un Falcon 50 en provenance de Paris pour effectuer les premiers survols. On aurait aussi pu prépositionner des groupes électrogènes et du ravitaillement alimentaire dans des îles proches comme la Guadeloupe. Mais rien n’a été anticipé. » Un retard et une absence d’anticipation que l’on n’a pas vu à Cuba par exemple, comme le note le New York Times.

Emmanuel Macron, sur le tarmac de l’aéroport de Point-à-Pitre (Guadeloupe) n’a pourtant pas hésité à affirmer que « l’anticipation a été complète » et qu’« il n’était pas possible d’avoir une anticipation supérieure »…Vraiment ?

Il y a 22 ans déjà, les images témoignaient de la précarité des bâtiments et de la pauvreté de certaines populations de l’île. Il y a 22 ans déjà, c’est à la gestion coloniale de la catastrophe que les habitants avaient dû faire face, une gestion du territoire qui s’est poursuivi pendant ces 22 années.

A l’époque, en effet, c’est notamment le non-respect de la loi littoral qui avait été mis en cause : du fait de la défiscalisation de cette île en 1985 (qui permet donc aux plus riches d’aller s’installer aux Antilles pour faire de l’évasion fiscale), un boom en matière de construction, et notamment de tourisme de luxe avait conduit à ne pas respecter les réglementations de sécurité. Mais loin de remettre en cause cette logique générale, qui fait de cette île un territoire purement colonial où quelques privilégiés viennent se dorer la pilule tandis que les quartiers populaires, comme celui de Sandy Ground, sont laissés dans la misère, l’Etat français a décidé de promulguer une nouvelle loi de défiscalisation en 2003… notamment pour la rénovation des hôtels de luxe.

Ainsi, la gestion actuelle de la catastrophe révèle à nouveau au grand jour la réalité de ces « collectivités d’Outre-Mer », leur dénuement en termes de service public, leur mode d’organisation économique tourné vers le tourisme de riches européens, et en ce qui concerne Saint-Martin et Saint-Barthélémy, leurs disparités sociales. Comme le note Elie Domota dans l’interview que nous avons citée plus haut : « Il suffit de comparer avec les images de Saint-Barthélémy. Là-bas, il y a des maisons, des structures qui sont endommagées, mais le président de la communauté a pu déclarer que, cet hiver, tout serait en place pour le démarrage de la saison touristique. A Saint-Barthélémy, le niveau de vie est plus élevé, les infrastructures de meilleure qualité, les maisons plus solides. Il y a donc eu des dégâts moindres. »

Moins conjoncturellement, la présence du président sur les lieux du passage de l’ouragan est aussi un geste hautement politique pour éviter que la colère qui existe aujourd’hui à Saint-Martin puisse faire écho à la colère qui s’est fait entendre dans d’autres colonies françaises comme en Guyane en 2017, venant troubler le jeu présidentiel, ou à Mayotte en 2016. Des territoires qui sont marqués, tout comme l’île de Saint-Martin, par le mépris que leur réserve l’Etat français, mais dont les luttes revendicatives, pour les droits sociaux et le droit à l’auto-détermination, font bien peur aux gouvernements successifs.

 

Imprimer cet article Télécharger cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *