Affaire Weinstein: stop aux violences faites aux femmes!

Une fois de plus, l’affaire Weinstein nous démontre à quel point, dans cette société, les violences faites aux femmes sont volontairement banalisées. L’omerta autour des viols et agressions en tout genre de ce puissant producteur hollywoodien démontre que l’argent et le pouvoir sont plus importants à défendre qu’une femme victime d’un viol! Aujourd’hui de nombreuses actrices témoignent des agissements de cet individu et des pressions en tout genre dont elles ont été victimes pour garder le silence. Le tout-hollywood fait semblant d’être choqué alors qu’il était de notoriété publique que ce « personnage » abusait sans scrupules et ce depuis des années. Ce comportement devait certainement faire l’objet de plaisanteries « grasses » ou de rire dans les salons privés.

Cette affaire prouve que la femme dans notre société est toujours et encore « de la viande » qu’on expose ou exploite pour faire vendre; publicités putassières pour vendre des soutien-gorges ou des yaourts, poupées siliconées qui s’exhibent dans des émissions de télé-réalités, clips pornocratiques où des chanteuses à peine vêtues se trémoussent de manière suggestives. Le corps de la femme est une marchandise alors pourquoi s’émouvoir quand des femmes se font abusées?

Les États-Unis sont montrés du doigt aujourd’hui mais n’oublions pas qu’en France, des types comme DSK ou Polanski, eux-même accusés de violences sexuelles, se promènent en toute liberté sans avoir perdu de leur notoriété. Rappelons-nous qu’en France, quand l’affaire Polanski a éclaté, la « grande famille » du cinéma s’est mobilisée pour que ce dernier échappe aux poursuites pénales.

L’affaire Jacqueline Sauvage est le symbole de cette société patriarcale. La justice n’a pas hésité une seule seconde d’emprisonner cette femme qui avait tué son mari qui abusait sexuellement d’elle et de leurs filles. 10 ans de prison pour Jacqueline Sauvage, la liberté pour DSK, Polanski, Weinstein, Woody Allen et bien d’autres!

DATES IMPORTANTES POUR LES FEMMES

 

Sous l’Ancien Régime.
1790 Les lois de la Révolution : la femme a le même droit à l’héritage que les enfants de sexe masculin.
1804 Le Code Napoléon consacre l’incapacité juridique de la femme mariée :
. la femme, considérée comme mineure, est entièrement sous la tutelle de ses parents, puis de son époux ;
. restrictions sévères au droit de divorcer.
1816 Suppression totale du divorce.
1850 La loi Falloux oblige les communes de plus de 800 habitants à ouvrir une école primaire spéciale pour les filles. 1848 : instauration du « suffrage universel » masculin
1863 Victor Duruy, ministre de l’Instruction publique,  crée les cours secondaires pour jeunes filles, jusque-là interdits. 1861 : Julie Daubié première femme bachelière
1874 Première loi tentant de protéger les femmes au travail : les femmes ne peuvent     travailler dans les mines, ni travailler le dimanche. 1871 : Louise Michel, communarde, est déportée à Nouméa
1880 La loi Camille Sée organise l’enseignement secondaire féminin (il est différent de celui dispensé aux garçons).
1881 Loi autorisant les femmes à ouvrir un livret de Caisse d’épargne sans l’autorisation de leur époux
1882 Lois Jules Ferry : l’école primaire est obligatoire et gratuite pour les filles comme pour les garçons.
1884 Loi autorisant le divorce, aux mêmes conditions qu’en 1804.
1892 Loi limitant la journée de travail à 11 heures pour les femmes . Il est interdit de les faire travailler la nuit (loi mal appliquée). 1900 : Jeanne Chauvin première femme avocate.
1903 : Marie Curie reçoit le prix Nobel de Physique
1906 Repos hebdomadaire pour tous les travailleurs.
1907 La femme mariée qui travaille a le droit de disposer de son salaire (mais pas de gérer     ses autres biens).
1908 Libéralisation du droit au divorce : il est autorisé, à la demande des deux époux, après 3 ans de séparation de corps. 1908 : Madeleine Brès, première femme à exercer la médecine
1909 Loi instituant un congé de maternité de 8 semaines, sans traitement.
1915 Les femmes disposent de l’autorité paternelle en l’absence du mari, et pour la durée de la guerre.
1920 Loi faisant de la contraception et de l’avortement un délit pénal.
Les institutrices obtiennent l’égalité de rémunération avec les hommes.
1924 L’enseignement secondaire est le même pour les filles que pour les garçons.
1928 Loi instituant le congé de maternité.
1932 Création des Allocations Familiales. 1936 : le gouvernement Léon Blum compte 3 femmes sous-secrétaires d’État
1938 Loi reconnaissant à la femme une « capacité juridique » restreinte : droit d' »ester en justice », de témoigner, etc…
1941 Le divorce est interdit pendant les trois première années suivant le mariage; ensuite aussi, sauf en cas de sévices graves et répétés. 1941 : officialisation de la fête des mères
1942 L’avortement est considéré comme un crime contre l’État, passible de la peine de mort.
1944 Une ordonnance d’Alger accorde aux femmes le droit de vote et le droit d’éligibilité.
Les femmes sont admises dans les jurys d’assises
1945 Rétablissement du divorce aux conditions de 1908.
Loi instituant le congé de maternité obligatoire et indemnisé à 50%.
34 femmes sont élues députées
1946 Le préambule de la Constitution pose le principe de l’égalité des droits entre hommes et femmes.
1965 Réforme du régime matrimonial de 1804 : la femme peut gérer ses biens, ouvrir un compte en banque, exercer une profession sans l’autorisation de son mari.
1965 L’enseignement technique est ouvert aux filles.
1967 Loi Neuwirth autorisant la contraception ; celle-ci sera remboursée en 1974.
1970 La mère devient l’égale du père en matière d’autorité parentale.
1971 Loi rendant obligatoire l’égalité des salaires entre les hommes et les femmes pour un même travail.
1974 Loi Veil autorisant l’IVG, sous certaines conditions.
1975 Libéralisation du divorce 1980 Marguerite Yourcenar, première femme à l’Académie française
1983 Loi Roudy, qui interdit toute discrimination professionnelle en raison du sexe.
1986 Circulaire légalisant l’emploi du féminin pour les noms de métier.
1990 Arrêt de la Cour de cassation condamnant le viol entre époux.
1992 Loi réprimant les violences conjugales, et loi sanctionnant le harcèlement sexuel au travail.
1999

2000

Réforme de la Constitution : la loi « favorise » l’égal accès des hommes et des femmes aux mandats électoraux et aux fonctions électives.

Loi en faveur de la parité hommes/femmes en politique.

à l’Assemblée nationale élue en 1997, les femmes représentent moins de 11% des députés

 

Ce sont les femmes qui, par leurs luttes, ont fait progresser les lois!

LA CGT POUR L’ÉGALITÉ HOMME-FEMME

Malgré ces lois, l’égalité homme/femme est encore un dur combat à mener!

Concrètement en France:

La Fonction Publique Hospitalière c’est 77% de femmes: l’écart salarial femme/homme est de 21,6%.

La pension des femmes est inférieure à celle des hommes de 39,5 % en moyenne

Les femmes partent plus tard à la retraite, sont plus nombreuses à toucher les minimas sociaux et être plus nombreuses à être sous le seuil de la pauvreté.

Chaque jour dans notre secteur où les emplois sont majoritairement féminins, des femmes subissent des discriminations, des inégalités, du sexisme et de la violence.

Le droit à l’IVG est remis en cause avec la fermeture des petites maternités.

Et si la Révolution venait des femmes?

Les salarié-e-s de la clinique du Pont de Chaume ont débuté le 22 Octobre 2015 un mouvement de grève qui a duré 51 jours. 150 salarié-e-s ont suivi ce mouvement constitué de femmes à 95%.142 femmes, 142 mères de familles, unies, solidaires, déterminées, qui ont résisté et fait plier le monde de la finance. La servitude n’est pas une fatalité. Leur liberté n’est pas négociable. Leur dignité n’a pas de prix.
Quelle leçon de dignité, de courage et de détermination elles ont donné ! Que de moments
ont été partagés ensemble : des rires aux pleurs, d’espoir en désespoir, de certitudes en
doutes, de joies en colère. Que de souvenirs impérissables elles garderont en mémoire.
Ils ont voulu les humilier, les écraser. Ils n’ont réussi que le contraire. Elles ont plié sans
jamais rompre. Elles ont fléchi sans se mettre à genoux. Elles ont gagné dans les larmes
mais debout, et toujours le poing levé. Tout ceci au prix de nombreux sacrifices dans leur
vie personnelle de femme, d’épouse et de mère de famille.

Continuons la lutte, toutes et tous ensemble pour garder nos « conquis » sociaux face à la fachosphère sexiste et misogyne.

« L’Hymne des femmes » chantée par la Compagnie Jolie Môme

https://www.youtube.com/watch?v=uGR4OljREP8

 

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