Pour la libération de Mumia Abul-Jamal

Journaliste afro-américain, Mumia Abu-Jamal a été condamné à mort en 1982 au terme d’un procès raciste et expéditif dont l’iniquité est internationalement reconnue (Commission des droits de l’Homme de l’ONU, Amnesty International, Parlement européen). Accusé d’avoir tué un policier, il a toujours clamé son innocence.

Après 30 ans de mobilisation internationale, sa condamnation à mort a été annulée et commuée en prison à vie en 2011. Figure emblématique du combat pour l’abolition universelle de la peine de mort, sa situation suscite toujours indignation et mobilisation dans le monde entier…

L’engagement de la CGT aux côtés du journaliste afro-américain Mumia Abu-Jamal est une constante de longue date. Depuis sa création en 1995, la CGT est membre du Collectif français de soutien à Mumia, lequel rassemble aujourd’hui une centaine d’organisations associatives, politiques, syndicales et des collectivités territoriales qui, à l’exemple de la ville de Paris, ont élevé Mumia au rang de citoyen d’honneur.

Le syndicat national des journalistes CGT et le syndicat général du livre et de la communication écrite CGT ont fait de Mumia leur adhérent d’honneur. Confédération, fédérations, unions départementales, unions locales, syndicats, nombreuses sont les organisations de la CGT impliquées dans ce combat couronné d’une première et grande victoire en 2011, lorsque la Cour Suprême des États-Unis annula la sentence de mort. Le combat pour sa libération se poursuit, car il n’a pas eu droit à un nouveau procès lui permettant de défendre son innocence.

Toujours « coupable » selon la « justice » américaine, sa peine a été commuée en prison à perpétuité, mais sans possibilité de libération conditionnelle. Si la situation restait en l’état, bien qu’ayant échappé à l’exécution grâce à la mobilisation internationale, Mumia serait toujours condamné à mourir en prison. La mobilisation pour sa libération reste donc de mise. D’autant que ces deux dernières années, la brusque détérioration de son état de santé (hépatite C) l’a exposé à la mort en raison du refus de la prison de lui donner accès au traitement lui permettant de combattre la maladie. Une nouvelle fois, face à l’ampleur de la protestation et à la mobilisation internationale, la justice a dû se résoudre à imposer à l’administration pénitentiaire de le soigner. Par ricochet, des centaines d’autres prisonniers atteints de la même maladie ont bénéficié de cette décision.

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, et plus de 120 parlementaires français et européens à l’initiative de Patrick Le Hyaric, directeur du journal l’Humanité et député européen, ont contribué à ce résultat en interpelant le gouverneur de Pennsylvanie. Aujourd’hui, Mumia va mieux. Le virus de l’hépatite a été éradiqué, mais, soigné trop tardivement, son foie est cirrhosé. Il a toutefois regagné suffisamment de force physique et mentale pour reprendre le combat et se remettre à l’écriture d’un nouveau livre (le septième en 36 ans de prison).

Il va d’autant mieux que son équipe de défense a pris l’initiative d’un recours judiciaire, s’appuyant sur une nouvelle jurisprudence de la Cour Suprême des États-Unis, ouvrant la voie possible à un procès en révision avec l’espoir qu’il pourrait ainsi défendre son innocence et obtenir sa libération. C’est le moins qu’on puisse attendre et que justice soit enfin rendue à cet homme âgé de 64 ans, incroyablement courageux malgré l’isolement et les souffrances de l’incarcération depuis 36 ans (dont plus de 30 années dans l’enfer du couloir de la mort).

Depuis 23 ans, chaque premier mercredi du mois, un rassemblement a lieu à 18 heures à proximité de l’ambassade des États-Unis place de la Concorde à Paris. Plus que jamais, la mobilisation reste le plus sûr moyen de soutenir Mumia Abu-Jamal.

La CGT est de tous les combats pour défendre les droits humains, le plus souvent indissociables du respect des droits économiques et sociaux. Contre l’assassinat légal qu’est la peine de mort et pour son abolition universelle, la CGT s’honore de défendre le droit à la vie comme la première valeur fondamentale due à tout être humain. Pour marquer cet engagement, la Confédération est membre de la Coalition mondiale contre la peine de mort rassemblant aujourd’hui 150 ONG de la planète.

Jacky Hortaut, représentant de la CGT au Collectif français « Libérons Mumia » et à la Coalition mondiale contre la peine de mort

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