Fin de la pension de reversion : Macron s’attaque de nouveau au retraité-es !

Si le conjoint décédé était salarié ou retraité du régime général, le conjoint survivant peut percevoir une partie de sa retraite, sous conditions. Pour cela, il doit impérativement faire la demande car son attribution n’est pas automatique.

Les salariées y ont droit dès 55 ans. Mais les professions libérales doivent attendre 65 ans. Il y a des paliers de ressources. Mais pas pour tous les régimes. Les femmes pacsées sont exclues du dispositif, et les taux de réversion varient d’une profession ou d’une branche professionnelle à l’autre.

Le gouvernement voudrait raboter les pensions de réversion. Une question qui va concerner près de 4,5 millions de personnes en France, et plus particulièrement les femmes.

Les pensions de réversion représentent 35 milliards d’euros par an et 11 % de l’ensemble des pensions.

Les pensions de réversion concernent 4,4 millions de personnes. Elles profitent à 89 % à des femmes. Et surtout pour plus d’un million d’entre elles, c’est leur seul revenu. En clair, pour 45 % des femmes retraitées qui touchent une pension inférieure au seuil de pauvreté (11 % des hommes sont dans la même situation), c’est une bouée de sauvetage. Pour les autres, la pension de réversion permet de réduire de quinze points l’écart entre les pensions des hommes et celles des femmes en France.

Annuler, réduire ou émasculer le principe de la réversion c’est creuser un peu plus encore les inégalités en défaveur des femmes.

Pour la CGT cette nouvelle mesure, qui n’est encore pour l’instant qu’en pourparler, est inacceptable.

Après le gel des pensions et l’augmentation de la CSG, les retraité-es vont de nouveau être touchés de plein fouet par l’austérité.

Si certains se gargarisent de la consultation lancée par le gouvernement aujourd’hui sur la réforme des retraites, celle-ci est bien un semblant de démocratie.
Pas d’illusion, les problématiques et les questions posées sont orientées et les réponses attendues téléphonées. Orientations, bien évidemment dans le sens de ce dont rêvent le gouvernement et le patronat : casser notre système des retraites par répartition et solidaire, poursuivre la baisse des pensions encore plus rapidement que celle déjà programmée par les gouvernements précédents, remettre en cause les régimes spéciaux conquis sociaux arrachés par de hautes luttes.
Le gouvernement prépare ses mauvais coups avec des techniques qui ressemblent de près à celles des DRH dans les entreprises – avis faussement pris, mise en place de groupes de travail pré verrouillés, etc. – pour déboucher sur des mesures de régression sociale que le gouvernement n’assume pas et tout en se cachant derrière des « ce n’est pas de nous… c’est la consultation. »
À l’instar de cette consultation qui se voudrait « moderne », ce que propose le gouvernement pour les retraites c’est l’individualisation, le chacun pour soi, etc., bref, un retour en arrière de plusieurs décennies ! Cette question mérite, au contraire, un vrai débat public et contradictoire. La vraie modernité, la démocratie, c’est ça.
La CGT fait des propositions et construit le rapport de force à tous les niveaux pour défendre notre système de retraites fondé sur la répartition et la solidarité, avec des pensions égales au minimum au Smic, un taux de remplacement de 75 % par rapport au salaire de référence, un départ dès 60 ans et anticipé pour ceux qui ont subi la pénibilité au travail (1 trimestre de moins par année d’exposition).
Ces propositions de progrès peuvent parfaitement être financées en mettant fin aux exonérations et aux évasions fiscales, en taxant les dividendes et en augmentant les cotisations des grosses entreprises du CAC 40 qui ne cessent de servir leur actionnaires sans contrepartie à ceux qui créent les richesses.

 

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