plan pauvreté : une mise en accusation des pauvres

S’attaquer de front aux pauvres, qui sont victimes de leur situation, c’est inadmissible, C’est ce qu’a fait Macron dans son plan Pauvreté. Deux tiers des adultes pauvres ont un emploi ou en recherchent un activement. Et les autres ? Ils ont abandonné, baissé les bras, parce qu’ils sont en train de crever ! Notre responsabilité collective est de leur assurer qu’ils ne mourront pas. Pas de leur dire de se lever et de se prendre en main, faute de quoi on leur fermerait un robinet d’assistance au débit déjà bien faible.

REVENU UNIVERSEL D’ACTIVITÉ ? NON, FUSION DE LA MISÈRE DES MINIMA EXISTANTS

En annonçant un « revenu universel d’activité » pour 2020, Emmanuel Macron prépare comme outil principal de la lutte contre la pauvreté, l’obligation faire aux pauvres de ne pas refuser deux offres raisonnables d’emploi.

Le « revenu universel d’activité » est en fait une fusion des minima sociaux existants (APL, RSA, Allocation adulte handicapé, minimum vieillesse…) qui sera accordée « sous conditions » : ses bénéficiaires devront en effet signer un « contrat d’engagement réciproque », et ne pourront refuser plus de « deux offres raisonnables d’emplois ou d’activité ».

LES BÉNÉFICIAIRES DES AIDES SOCIALES DOIVENT TRAVAILLER ? MAIS QUELLES MESURES POUR CONTRAINDRE LES EMPLOYEURS À EMBAUCHER ?

Tout le plan du président repose sur cette injonction, « Travaillez », déclinée à travers les mesures concernant les personnes sans emploi, les familles pauvres et les jeunes éloignés du système éducatif, au sens large. Pour être aidé, il faudra répondre à un certain nombre d’exigences, voire d’obligations, dont le détail est à venir.

Les futurs « bénéficiaires » du nouveau revenu d’activité devront s’engager à ne pas rester inactifs… Comme s’ils devaient avouer qu’ils l’étaient avant !

LE BÉNÉFICIAIRE DU RSA EST DÉJÀ SOUMIS A UN CERTAIN NOMBRE D’OBLIGATIONS, DANS LE CADRE DU CONTRAT D’INSERTION QU’IL SIGNE AVEC LES DÉPARTEMENTS.

Ces obligations sont renforcées s’il est inscrit à Pôle emploi, car il est alors soumis comme les autres à l’obligation de recherche active d’emploi. Parce que le RSA n’est qu’un minimum vital. Le président « oublie » souvent qu’une partie des allocataires ont de gros problèmes de santé physique, psychiques, des problèmes d’accès au logement, de mobilité, de garde d’enfants, qui sont des freins réels à l’emploi.

SURTOUT PAS D’AUGMENTATION DES MINIMA SOCIAUX

Le plan présenté ce jeudi ne prévoit pas d’augmentation des minima sociaux, comme les APL, le RSA ou les allocations familiales, mis à part l’allocation adulte handicapé – même si les associations craignent des coups de rabots sur les seuils pour en bénéficier dans la future loi de finance – et le minimum vieillesse (plus 100 euros mensuels en tout sur le quinquennat). Sans augmentation, les plus pauvres vont inévitablement subir une baisse du pouvoir d’achat, en raison de l’inflation.

PROMOTION DE LA PRIME D’ACTIVITÉ QUI, ELLE, A LE PROFIL MACRON

Sa philosophie est celle défendue aujourd’hui par l’exécutif : il s’agit de récompenser ceux qui travaillent, même un peu.

Le seul coup de pouce du plan pauvreté sur les minima sociaux concerne la prime d’activité, dont l’augmentation est acquise. Elle sera poursuivie en 2019 et jusqu’en 2022. Cette augmentation bénéficiera selon l’exécutif à 3,2 millions de ménages (alors qu’ils n’étaient que 2,6 millions à la toucher fin 2017) et permettra un gain pouvant aller jusqu’à 80 euros par mois au niveau du Smic.

Ce complément de revenu ciblant les travailleurs pauvres et modestes fonctionne plutôt bien : il a réduit de 0,4 point le taux de pauvreté en France, selon l’estimation officielle réalisée par les services du gouvernement.

LA DESTRUCTION DES EMPLOIS AIDÉS DÉMENT LE PLAN

On est passé d’environ 400 000 à 200 000 emplois aidés depuis le début du quinquennat et seuls 70 000 auraient été alloués. Une sorte donc de « vases communicants budgétaire, qui n’est pas l’argent « frais » en plus promis.

UN « ACCÈS UNIVERSEL » A LA CANTINE EST CRÉE.

En éducation prioritaire, près de 60 % des élèves ne la fréquentent pas, un chiffre qui monte à 75 % en REP. Le président de la République a annoncé que les tarifs sociaux de la demi-pension seront généralisés, avec un barème où le taux le plus bas permet de bénéficier d’un repas pour 1 euro. 70 % des écoles proposent déjà ce dispositif. L’État s’engage à compenser le manque à gagner, pour les communes.

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