Colère blanche: lettre ouverte à Macron

M. Emmanuel MACRON
Président de la République
PALAIS DE L’ELYSEE
55 rue du Faubourg St Honoré
75008 PARIS
Montreuil, le 22 janvier 2019
LR AR n°1A 150 897 3591 0

Objet : LETTRE OUVERTE
Monsieur le Président,
De puissantes mobilisations sont spontanément nées face aux politiques ultras libérales menées,
faisant supporter aux plus faibles des contraintes financières de toutes parts, dans un contexte où le
salaire ne rapporte plus suffisamment pour vivre dignement.
A contrario, le ruissellement tant promis pour les travailleurs.ses s’est transformé en un grand fleuve
qui inonde généreusement et exclusivement les plus riches.
Contraint de répondre aux revendications sociales qui s’expriment sans discontinue, vous avez
décidé d’organiser « un grand débat national » sur la base de vos propres questions.
Notre Fédération CGT de la Santé et de l’Action Sociale ne retrouve pas, dans ce questionnement au
peuple, les grandes problématiques et dysfonctionnements que subit notre système de santé, ainsi
que l’ensemble de ses personnels. Cependant, elle constate la poursuite de réformes enclines à
aggraver la situation.
Le grand débat national est-il vraiment utile à faire émerger les préoccupations existantes quand
nous affirmons que, pour notre part, nous avons déjà, par tous les moyens dont disposent les
organisations syndicales, fait connaître les revendications des près de 2 millions de personnels. Ces
dernières expriment avec force leurs usantes conditions de travail, l’insuffisance des rémunérations,
la non-reconnaissance de leurs métiers car majoritairement féminisés, leur souffrance de ne pas
disposer des moyens suffisants pour répondre aux besoins des populations.
Malgré les très nombreuses alertes dans le cadre des instances et réunions, par des milliers de grève
dans les établissements, par le résultat même des élections professionnelles qui nous légitiment à
nouveau à la première place, l’ignorance du gouvernement reste et il poursuit sa casse du
système sanitaire, social et médico-social.
Monsieur le Président, nous ne voyons pas d’amélioration sur les points évoqués, tout au contraire,
c’est pourquoi nous réitérons notre exigence d’ouverture de réelles et sincères négociations.
Elles permettraient d’aborder l’ensemble des questions et décider avec tous les partenaires
légitimes d’un système sanitaire, social et médico-social à la hauteur des attentes partout sur le
territoire, y compris ceux de la ruralité, désertés par les services publics au motif d’économies
budgétaires.
Monsieur le Président, la colère blanche, ignorée depuis trop longtemps, rejoindra le flot de tous les
mécontentements le 5 février et au-delà si aucune réponse ne lui est apportée.
En défiance.

Mireille Stivala

Secrétaire générale  Fédération CGT Santé et Action Sociale

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