RESTRUCTURATION À L’HÔPITAL : SE SOUMETTE OU MOURIR !

Notre secteur de la santé vient de connaître plusieurs suicides de médecins. Récemment, un médecin oncologue s’est donné la mort au CHU de Bordeaux, un orthopédiste au CH de Cahors et maintenant un chirurgien digestif à l’Assistance Publique Hôpitaux de Paris, sur son repos, en tenue de bloc opératoire. Un de plus ! Quand cela s’arrêtera-t-il ?
La Fédération CGT de la Santé et de l’Action Sociale dénonce une dégradation dramatique des relations sociales à l’hôpital depuis des années. Elle est de plus en plus souvent sollicitée pour
aider des médecins hospitaliers en butte à des difficultés managériales majeures.
Pour la CGT, il ne s’agit pas de chercher des boucs émissaires mais bien de remettre en cause un système à l’origine de la concentration des pouvoirs dans les mains de quelques personnes sans aucun contre-pouvoir véritable. Un système autoritaire, en contradiction avec les valeurs humanistes qui fondent la médecine, où seule la performance individuelle compte, dans un contexte de concurrence, de « flicage » et d’objectifs. Les restructurations mettent en conflit des chefs de services avec obligation de résultats basée sur des critères uniquement financiers.
Les directions d’établissements jouent trop souvent la carte de l’opposition entre les personnes, dans un contexte d’enjeux de pouvoir qui créent des situations d’une violence extrême. Cet état de
fait est exacerbé dans les CHU où le fonctionnement trop souvent clanique aboutit à l’exclusion et au rejet de toute personne qui n’adhère pas au système mandarinal.
A l’hôpital, les médecins doivent être des salarié.e.s comme les autres, avec des devoirs mais aussi des droits qui puissent les protéger.
Des réformes sont nécessaires et nous avons mis sur la table des propositions depuis de nombreuses années :
Les structures de représentation des médecins, comme la CME, ne doivent pas fonctionner sur la base d’un système censitaire qui octroie une surreprésentation de droit aux responsables de structures. La démocratie doit être respectée : une personne égale une voix.
– Les médecins doivent être représenté.e.s au CHSCT comme tou.te.s les salarié.e.s de l’hôpital par des collègues élu.e.s sur des listes syndicales.
– La médecine du travail doit être renforcée pour jouer pleinement son rôle en toute indépendance vis-à-vis des directions et des responsables médicaux de structures.
– La protection fonctionnelle doit être inscrite dans le statut des médecins hospitaliers au même titre que ce qui existe pour l’ensemble des agents publics et le Centre national de gestion (CNG) doit assurer une assistance à tou.te.s les praticien.ne.s qui en font la
demande.

Le projet de loi sur « la transformation du système de santé », dit « Ma santé 2022 : prendre soin de chacun » se révèle être inefficace, chimérique : un assemblage de mesures en trompe l’oeil qui
ne répond ni aux besoins des personnels ni aux besoins de la population.
Il y a urgence avant que d’autres drames ne surviennent. Nous invitons toute personne se sentant en danger à nous contacter pour une aide immédiate.

Montreuil, le 7 février 2019.

Contact : Christophe Prudhomme, médecin urgentiste et militant CGT (06 83 25 98 90)

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